Index des énoncés usuels dans Proust (ALRDTP)

citations




Du côté de chez Swann A l'ombre des jeunes filles en fleurs Le côté de Guermantes Sodome et Gomorrhe La prisonnière Albertine disparue Le temps retrouvé
Sodome et Gomorrhe


[…] il regardait Jupien avec la fixité particulière de quelqu'un qui va vous dire : […] « Je ne dois pas me tromper, vous devez être aussi de Zurich, il me semble bien vous avoir rencontré souvent chez le marchand d'antiquités. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 013

À propos de jeunes gens du monde, parmi ceux qui viennent ici, vous n'en connaissez pas ? — Non, mon bébé. Ah ! si, un brun, très grand, à monocle, qui rit toujours et se retourne. — Je ne vois pas qui vous voulez dire.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 018

Mais mon dégoût n'en a pas moins persisté, et m'apporterait-on le chasseur comme un simple gibier de chasse sur un plat d'argent, je le repousserais avec un vomissement. Mais voilà le malheur, nous avons parlé de choses sérieuses et maintenant c'est fini entre nous pour ce que j'espérais. Mais vous pourriez me rendre de grands services, vous entremettre; et puis non, rien que cette idée me rend quelque gaillardise et je sens que rien n'est fini.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 019

[…] de la même façon qu'un homme distrait, lequel, devant une femme enceinte dont il n'a pas remarqué la taille alourdie, s'obstine, tandis qu'elle lui répète en souriant : « Oui, je suis un peu fatiguée en ce moment », à lui demander indiscrètement : « Qu'avez-vous donc ? »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 020

Rien, sur le visage privé de caractères de tel ou tel homme, ne pouvait leur faire supposer qu'il était précisément le frère ou le fiancé, ou l'amant d'une femme dont elles allaient dire: "Quel chameau !"
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 020

[…] un ancien giletier, qui comptait partir sagement pour son bureau, titube, ébloui, devant un quinquagénaire bedonnant. Ce Roméo et cette Juliette peuvent croire à bon droit que leur amour n'est pas le caprice d'un instant, mais une véritable prédestination préparée par les harmonies de leur tempérament […]
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 033

[La princesse de Guermantes reçoit] Mais comme […] elle n'avait à leur parler de rien, dès qu'ils arrivaient devant elle, elle se contentait, sans se lever, d'interrompre un instant sa vaine conversation […] et de remercier en disant : « C'est gentil d'être venu », non qu'elle trouvât que l'invité eût fait preuve de gentillesse en venant, mais pour accroître encore la sienne […]
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 044

Les erreurs des médecins sont innombrables. Ils pèchent d'habitude par optimisme quant au régime, par pessimisme quant au dénouement. "Du vin? en quantité modérée, cela ne peut vous faire du mal, c'est en somme un tonifiant... Le plaisir physique? après tout c'est une fonction. Je vous le permets sans abus, vous m'entendez bien. L'excès en tout est un défaut."
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 048

Dieu sait de combien de lettres il assommait le ministère, quelles ruses personnelles il déployait […] pour faire entrer sans aucune raison valable un jeune homme dénué de tout mérite dans le personnel de la légation.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 050

Il remuait ciel et terre pour qu'on le rappelât et le directeur des Affaires Politiques recevait journellement une lettre: "Qu'attendez-vous pour me débarrasser de ce lascar-là. Dressez-le un peu dans son intérêt. Ce dont il a besoin c'est de manger un peu de vache enragée."
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 051

[…]Mme de Vaugoubert, c'était un homme. Avait-elle toujours été ainsi, où était-elle devenue ce que je la voyais, peu importe, car dans l'un et l'autre cas on a affaire à l'un des plus touchants miracles de la nature […]
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 052

Mais une femme du monde n'a rien à faire et en voyant dans le Figaro: "Hier le prince et la princesse de Guermantes ont donné une grande soirée, etc.", elle s'exclame: "Comment! j'ai, il y a trois jours, causé une heure avec Marie Gilbert sans qu'elle m'en dise rien!" et elle se casse la tête pour savoir ce qu'elle a pu faire aux Guermantes.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 054

[Réception] Je fus arrêté au pasage par le baron, tandis que derrière moi deux dames et un jeune homme s'approchaient pour lui dire bonjour. « C'est gentil de vous voir ici », me dit-il, en me tendant la main.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 063

"- Cette idée de croire que vous n'étiez pas invité! On est toujours invité ! Et puis, il y avait moi. Croyez-vous que je n'aurais pas pu vous faire inviter chez ma cousine".
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 067

De sa main libre, le duc me fit au moins à quarante mètres de distance mille signes d'appel et d'amitié et qui avaient l'air de vouloir dire que je pouvais m'approcher sans crainte et que je ne serais pas mangé tout cru à la place des sandwichs.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 067

D'Annunzio vous a aperçue d'une loge, il a écrit à la princesse de T*** une lettre où il dit qu'il n'a jamais rien vu de si beau. Il donnerait toute sa vie pour dix minutes d'entretien avec vous.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 071

Comment, vous ne connaissez pas ces splendeurs ? » me dit la duchesse, en me parlant de l'hôtel où nous étions.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 073

[…] Mme de Franquetot tenta une démarche en faveur de sa cousine qui aimait tant la musique. Mais comme elle ne put pas obtenir pour elle une réponse plus explicite que ces mots : « Mais on peut toujours entrer écouter de la musique, si ça vous amuse, ça n'a rien de criminel ! », Mme de Cambremer ne trouva pas l'invitation assez pressante et s'abstint.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 074

[…] Mme de Franquetot tenta une démarche en faveur de sa cousine qui aimait tant la musique. Mais comme elle ne put pas obtenir pour elle une réponse plus explicite que ces mots : « Mais on peut toujours entrer écouter de la musique, si ça vous amuse, ça n'a rien de criminel ! », Mme de Cambremer ne trouva pas l'invitation assez pressante et s'abstint.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 074

Pendant quelque temps fonctionna la système des « fournées » qui permettait, grâce à des fêtes sur lesquelles on faisait le silence, de convier les réprouvés à venir se divertir entre eux, ce qui dispensait de les inviter avec les gens bien. De quoi pouvaient-ils se plaindre ? N'avaient-ils pas (panem et circenses) des petits fours et un beau programme musical ?
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 074

Elle avait été élevée, mais avait cessé toutes relations avec cette dame ; elle ne répondit à son salut que par un signe de tête des plus secs. « Je ne comprends pas », me dit-elle, comme pour s'excuser, « que Marie-Gilbert nous invite avec toute cette lie. On peut dire qu'il y en a ici de toutes les paroisses. […] »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 076

Elle avait été élevée, mais avait cessé toutes relations avec cette dame ; elle ne répondit à son salut que par un signe de tête des plus secs. « Je ne comprends pas », me dit-elle, comme pour s'excuser, « que Marie-Gilbert nous invite avec toute cette lie. On peut dire qu'il y en a ici de toutes les paroisses. […] »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 076

Il faut dire que [la duchesse de Guermantes] n'avait pas non plus tant qu'on pourrait croire la liberté de ses bonjours et de ses sourires. Pour une part, sans doute, quand elle les refusait, c'était volontairement : « Mais elle m'embête, disait-elle, est-ce que je vais être obligée de lui parler de sa soirée pendant une heure ? »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 076

La garden-party annuelle était pour lui, sa femme et ses enfants,, un plaisir merveilleux qu'ils n'eussent pas voulu manquer pour tout l'or du monde […]
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 080

« À propos de dreyfusards, dis-je, il paraît que le prince Von l'est. — Ah ! vous faites bien de me parler de lui, s'écria M. de Guermantes, j'allais oublier qu'il m'a demandé de venir dîner lundi. Mais qu'il soit dreyfusard ou non, cela m'est parfaitement égal puisqu'il est étranger. Je m'en fiche comme de colin-tampon. […] »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 081

« À propos de dreyfusards, dis-je, il paraît que le prince Von l'est. — Ah ! vous faites bien de me parler de lui, s'écria M. de Guermantes, j'allais oublier qu'il m'a demandé de venir dîner lundi. Mais qu'il soit dreyfusard ou non, cela m'est parfaitement égal puisqu'il est étranger. Je m'en fiche comme de colin-tampon. […] »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 081

« À propos de dreyfusards, dis-je, il paraît que le prince Von l'est. — Ah ! vous faites bien de me parler de lui, s'écria M. de Guermantes, j'allais oublier qu'il m'a demandé de venir dîner lundi. Mais qu'il soit dreyfusard ou non, cela m'est parfaitement égal puisqu'il est étranger. Je m'en fiche comme de colin-tampon. […] »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 081

« Mais c'est vrai, je n'ai aucune raison de cacher que j'avais une sincère affection pour Charles [Swann] ! — Là, vous voyez, je ne lui fais pas dire. Et après cela, il pousse l'ingratitude jusqu'à être dreyfusard ! »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 081

« Mais c'est vrai, je n'ai aucune raison de cacher que j'avais une sincère affection pour Charles [Swann] ! — Là, vous voyez, je ne lui fais pas dire. Et après cela, il pousse l'ingratitude jusqu'à être dreyfusard ! »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 081

Il est vrai que Swann est juif. Mais jusqu'à ce jour — excusez-moi, Froberville — j'avais eu la faiblesse de croire qu'un juif peut être Français, j'entends un juif honorable, homme du monde. Or, Swann était cela dans toute la force du terme. Hé bien! il me force à reconnaître que je me suis trompé, puisqu'il prend parti pour ce Dreyfus (qui, coupable ou non, ne fait nullement partie de son milieu, qu'il n'aurait jamais rencontré) contre une société qui l'avait adopté, qui l'avait traité comme un des siens. Il n'y a pas à dire, nous nous étions tous portés garants de Swann, j'aurais répondu de son patriotisme comme du mien. Ah! il nous récompense bien mal. J'avoue que de sa part je ne me serais jamais attendu à cela.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 081

Il est vrai que Swann est juif. Mais jusqu'à ce jour — excusez-moi, Froberville — j'avais eu la faiblesse de croire qu'un juif peut être Français, j'entends un juif honorable, homme du monde. Or, Swann était cela dans toute la force du terme. Hé bien! il me force à reconnaître que je me suis trompé, puisqu'il prend parti pour ce Dreyfus (qui, coupable ou non, ne fait nullement partie de son milieu, qu'il n'aurait jamais rencontré) contre une société qui l'avait adopté, qui l'avait traité comme un des siens. Il n'y a pas à dire, nous nous étions tous portés garants de Swann, j'aurais répondu de son patriotisme comme du mien. Ah! il nous récompense bien mal. J'avoue que de sa part je ne me serais jamais attendu à cela.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 081

Il est vrai que Swann est juif. Mais jusqu'à ce jour — excusez-moi, Froberville — j'avais eu la faiblesse de croire qu'un juif peut être Français, j'entends un juif honorable, homme du monde. Or, Swann était cela dans toute la force du terme. Hé bien! il me force à reconnaître que je me suis trompé, puisqu'il prend parti pour ce Dreyfus (qui, coupable ou non, ne fait nullement partie de son milieu, qu'il n'aurait jamais rencontré) contre une société qui l'avait adopté, qui l'avait traité comme un des siens. Il n'y a pas à dire, nous nous étions tous portés garants de Swann, j'aurais répondu de son patriotisme comme du mien. Ah! il nous récompense bien mal. J'avoue que de sa part je ne me serais jamais attendu à cela.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 081

Je vous dirai, me répondit la duchesse, à qui je parlais de ce désir [de voir Swann], que moi je ne tiens pas excessivement à le voir parce qu'il paraît […] qu'il voudrait avant de mourir que je fasse la connaissance de sa femme et de sa fille. Mon Dieu, ça me fait une peine infinie qu'il soit malade, mais d'abord j'espère que ce n'est pas aussi grave que ça. Et puis enfin ce n'est tout de même pas une raison, parce que ce serait vraiment trop facile.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 083

Je vous dirai, me répondit la duchesse, à qui je parlais de ce désir [de voir Swann], que moi je ne tiens pas excessivement à le voir parce qu'il paraît […] qu'il voudrait avant de mourir que je fasse la connaissance de sa femme et de sa fille. Mon Dieu, ça me fait une peine infinie qu'il soit malade, mais d'abord j'espère que ce n'est pas aussi grave que ça. Et puis enfin ce n'est tout de même pas une raison, parce que ce serait vraiment trop facile.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 083

Je vous dirai, me répondit la duchesse, à qui je parlais de ce désir [de voir Swann], que moi je ne tiens pas excessivement à le voir parce qu'il paraît […] qu'il voudrait avant de mourir que je fasse la connaissance de sa femme et de sa fille. Mon Dieu, ça me fait une peine infinie qu'il soit malade, mais d'abord j'espère que ce n'est pas aussi grave que ça. Et puis enfin ce n'est tout de même pas une raison, parce que ce serait vraiment trop facile.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 083

[…] le duc, furieux de voir sa femme dire bonsoir à quelqu'un qu'il ne connaissait pas, qui avait une touche singulière, et qui, autant que M. de Guermantes croyait le savoir, avait fort mauvaise réputation, se retourna vers sa femme d'un air interrogateur et terrible, comme s'il disait : « Qu'est-ce que c'est que cet ostrogoth-là ? »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 085

Souriant d'un œil et d'un seul coin de la bouche à M. de Froberville dont elle appréciait l'intention aimable mais ne sentait pas moins le mortel ennui, Mme de Guermantes finit par se décider à le quitter. « Écoutez, je vais être 'obligée' de vous dire bonsoir », lui dit-elle en se levant d'un air de résignation mélancolique, et comme si ç'avait été pour elle un malheur.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 087

— […] il y a la rougeole chez elle. — Oh ! Mon Dieu ! » dit Oriane qui avait peur des maladies. « Mais pour moi ça ne fait rien, je l'ai déjà eue. On ne peut pas l'avoir deux fois. — Ce sont les médecins qui disent ça ; je connais des gens qui l'ont eue jusqu'à quatre. Enfin vous êtes avertie. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 088

— […] il y a la rougeole chez elle. — Oh ! Mon Dieu ! » dit Oriane qui avait peur des maladies. « Mais pour moi ça ne fait rien, je l'ai déjà eue. On ne peut pas l'avoir deux fois. — Ce sont les médecins qui disent ça ; je connais des gens qui l'ont eue jusqu'à quatre. Enfin vous êtes avertie. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 088

La duchesse avait quitté Froberville ; il se rapprocha : « Je voudrais vous dire un dernier mot. » Un peu agacée : « Qu'est-ce qu'il y a encore ? » lui dit-elle avec hauteur.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 088

La duchesse avait quitté Froberville ; il se rapprocha : « Je voudrais vous dire un dernier mot. » Un peu agacée : « Qu'est-ce qu'il y a encore ? » lui dit-elle avec hauteur.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 088

Après avoir quitté les soirées pour des séances de musique elle [=Mme de Citri] se mit à dire : « Vous aimez entendre cela, de la musique ? Ah ! mon Deu, cela dépend des moments. Mais ce que cela peut être ennuyeux ! Ah ! Beethoven, la barbe ! »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 091

[…] le plus noceur de tous, mon oncle Charlus […], qui a eu autant de femmes que don Juan et qui à son âge ne dételle pas.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 093

« Mais es-tu sûr que M. de Charlus ait eu tant de maîtresses ? » […] Il se contenta de hausser les épaules en réponse à ce qu'il croyait de ma part une naïveté. « Mais d'ailleurs, je ne l'en blâme pas, je trouve qu'il a parfaitement raison. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 095

Les parents sont malades et ne peuvent s'occuper d'elle. Dame, la petite se désennuie et je compte sur toi pour lui trouver des distractions, à cette enfant !
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 095

« De quoi parlions-nous ? Ah ! de cette grande blonde, la femme de chambre de Mme Putbus. Elle aime aussi les femmes, mais je pense que cela t'est égal ; je peux te dire franchement, je n'ai jamais vu créature aussi belle. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 097

« De quoi parlions-nous ? Ah ! de cette grande blonde, la femme de chambre de Mme Putbus. Elle aime aussi les femmes, mais je pense que cela t'est égal ; je peux te dire franchement, je n'ai jamais vu créature aussi belle. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 097

« Comme ils ont l'air bien élevés, comme ils ont de jolies manières, était en train de dire M. de Charlus. — Vous trouvez ? » répondait Mme de Surgis, ravie.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 099

[…] Est-ce que vous allez vous crotter là [=aux matinées Saint-Euverte] » demanda-t-il à Mme de Surgis, qui cette fois se trouva ennuyée. Car voulant feindre de ne pas y aller vis-à-vis du baron, et sachant qu'elle donnerait des jours de sa propre vie plutôt que de manquer la matinée Saint-Euverte, elle s'en tira par une moyenne, c'est-à-dire l'incertitude. […] M. de Charlus, ne craignant pas d'offenser Mme de Surgis à laquelle pourtant il désirait plaire, se mit à rire pour lui montrer que "ça ne prenait pas".
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 102

Enfin, avec une platitude suprême dont je souffris pour elle, Mme de Saint-Euverte s'approcha de moi et, m'ayant pris à l'écart, me dit à l'oreille : « Mais, qu'ai-je fait à M. de Charlus ? On prétend qu'il ne me trouve pas assez chic pour lui », dit-elle en riant à gorge déployée.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 102

[…] Il a l'air de me bouder […] Tâchez de le savoir et venez me le dire demain. Et s'il a des remords et veut vous accompagner, amenez-le. À tout péché miséricorde. […] Je vous laisse carte blanche.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 103

[…] Il a l'air de me bouder […] Tâchez de le savoir et venez me le dire demain. Et s'il a des remords et veut vous accompagner, amenez-le. À tout péché miséricorde. […] Je vous laisse carte blanche.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 103

« Si nous allions faire quelques pas dans le jardin, Monsieur », dis-je à Swann […]
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 104

C'est-à-dire que c'est un ami délicieux. Mais ai-je besoin d'ajouter que c'est purement platonique.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 108

C'est-à-dire que c'est un ami délicieux. Mais ai-je besoin d'ajouter que c'est purement platonique. Il est plus sentimental que d'autres, voilà tout ; […]
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 108

Je demandais ce jour-là à l'abbé Poiré s'il pourrait dire le lendemain ma messe pour Dreyfus. « Allons bon ! » s'écria Swann à mi-voix en s'interrompant.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 109

Aussi, ne cherchant plus qu'à me donner, vis-à-vis de Gilberte, l'air d'avoir désiré de tout mon cœur la retrouver, et d'en avoir été empêché par des circonstances dites "indépendantes de ma volonté" et qui ne se produisent en effet au moins, avec une certaine suite, que quand la volonté ne les contrecarre pas, bien loin d'accueillir avec réserve l'invitation de Swann, je ne le quittai pas qu'il ne m'eût promis d'expliquer en détail à sa fille les contretemps qui m'avaient privé, et me priveraient encore d'aller la voir.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 113

« Vous arrivez à une jolie heure, Paulette ! dit la duchesse. — Ah ! j'ai un tel regret ! Mais vraiment il n'y a pas eu la possibilité matérielle », répondit la princesse d'Orvilliers qui avait pris à la duchesse de Guermantes ce genre de phrases, mais y ajoutait sa douceur naturelle […]
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 119

"- Hé bien! me dit la Duchesse, en dehors de vos bals, est-ce que je ne peux vous être d'aucune utilité? Avez-vous trouvé un salon où vous aimeriez que je vous présente?" Je lui répondis que je craignais que le seul qui me fit envie ne fut trop peu élégant pour elle. "- Qui est-ce?" demanda-t-elle d'une voix menaçante et rauque sans presque ouvrir la bouche. "- La baronne Putbus". Cette fois-ci elle feignit une véritable colère. "- Ah! non, ça, par exemple, je crois que vous vous fichez de moi. Je ne sais même pas par quel hasard je sais le nom de ce chameau. Mais c'est la lie de la société. […]"
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 122

"- A la revoyure", me dit le Duc. "- J'ai quelquefois regretté de demeurer aussi près de Marie, me dit la duchesse, parce que si je l'aime beaucoup, j'aime un petit peu moins la voir. Mais je n'ai jamais regretté cette proximité autant que ce soir puisque cela me fait rester si peu avec vous." "- Allons, Oriane, pas de discours."
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 123

"- Hé bien! me dit la Duchesse, en dehors de vos bals, est-ce que je ne peux vous être d'aucune utilité? Avez-vous trouvé un salon où vous aimeriez que je vous présente?"
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 123

Ainsi, si la bouchère avait entendu dire que les Anglais nous avaient fait la guerre en 70 en même temps que les Prussiens (et j'avais eu beau expliquer que ce fait était faux), toutes les trois semaines la bouchère me répétait au cours d'une conversation : «C'est cause à cette guerre que les Anglais nous ont faite en 70 en même temps que les Prussiens. — Mais je vous ai dit cent fois que vous vous trompez. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 125

Ainsi si la bouchère avait entendu dire que les Anglais nous avaient fait la guerre en 70 en même temps que les Prussiens, et j'avais eu beau expliquer que ce fait était faux, toutes les trois semaines la bouchère me répétait au cours d'une conversation: "- C'est cause à cette guerre que les Anglais nous ont faite en 70 en même temps que les Prussiens." "- Mais je vous ai dit cent fois que vous vous trompez". Elle répondait, ce qui impliquait que rien n'était ébranlé dans sa conviction : « En tous cas, ce n'est pas une raison pour leur en vouloir. Depuis 70, il a coulé de l'eau sous les ponts, etc. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 125

Ainsi si la bouchère avait entendu dire que les Anglais nous avaient fait la guerre en 70 en même temps que les Prussiens, et j'avais eu beau expliquer que ce fait était faux, toutes les trois semaines la bouchère me répétait au cours d'une conversation: "- C'est cause à cette guerre que les Anglais nous ont faite en 70 en même temps que les Prussiens." "- Mais je vous ai dit cent fois que vous vous trompez". Elle répondait, ce qui impliquait que rien n'était ébranlé dans sa conviction : « En tous cas, ce n'est pas une raison pour leur en vouloir. Depuis 70, il a coulé de l'eau sous les ponts, etc. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 125

[…] comme consolation du retard d'Albertine elle me dit : « Je crois que vous pouvez l'attendre à perpette. Elle ne viendra plus. Ah ! nos gigolettes d'aujourd'hui ! »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 126

[…] comme consolation du retard d'Albertine elle me dit : « Je crois que vous pouvez l'attendre à perpette. Elle ne viendra plus. Ah ! nos gigolettes d'aujourd'hui ! »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 126

Voyant que j'attendais une visite, elle fit semblant de croire que je m'appelais Charles. Je lui répondis naïvement que non, ce qui lui permit de placer : « Ah ! je croyais ! Et je me disais Charles attend (charlatan). » Ce n'était pas de très bon goût.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 126

[…] j'entendis tout à coup, mécanique et sublime, comme dans Tristan l'écharpe agitée ou le chalumeau du pâtre, le bruit de toupie du téléphone. Je m'élançai, c'était Albertine. « Je ne vous dérange pas en vous téléphonant à une pareille heure ? — Mais non. » dis-je en comprimant ma joie […]
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 129

[Albertine est allée voir Phèdre au lieu de rendre visite au Narrateur.] Mais je vois que vous êtes fâché, cela m'ennuie. Je regrette d'être allée à Phèdre. Si j'avais su que cela ferait tant d'histoires… » ajouta-t-elle, comme tous les gens qui, en faute pour une chose, font semblant de croire que c'est une autre qu'on leur reproche.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 130

[Albertine arrive très en retard.] « Justement j'y disais, Monsieur devait avoir crainte que Mademoiselle ne vienne plus, parce que ce n'est pas une heure pour venir, c'est bientôt le matin. Mais elle devait être dans des endroits qu'elle s'amusait bien car elle ne m'a pas seulement dit qu'elle était contrariée d'avoir fait attendre Monsieur, elle m'a répondu d'un air de se ficher du monde : "Mieux vaut tard que jamais !" Et Françoise ajouta ces mots qui me percèrent le cœur : « En parlant comme ça elle s'est vendue. Elle aurait peut-être bien voulu se cacher, mais… »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 133

Je demandai à Albertine si elle voulait boire. "- Il me semble que je vois là des oranges et de l'eau, me dit-elle. Ce sera parfait."
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 135

L'engouement pour les œuvres de Bergotte était immense. Il passait toute la journée, exhibé, chez Mme Swann qui chuchotait à un homme influent: "Je lui parlerai, il vous fera un article". Il était du reste en état de le faire et même un petit acte pour Mme Swann.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 140

« Je ne vous ai pas présentée, disait la maîtresse de maison à Odette, parce qu'on n'aime pas beaucoup aller chez elle et elle invite énormément ; vous n'auriez pas pu vous en dépêtrer. — Oh ! cela ne fait rien », disait Odette avec un regret.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 144

Soyez tranquille, je ferai fermer les fenêtres pour qu'elles ne battent pas.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 147

« C'est une femme intelligente », m'avait-il assuré. « Jusqu'à un certain point, naturellement. Elle ne te dira pas des choses définitives […] mais c'est une nature, elle a une personnalité, de l'intuition, elle jette à propos la parole qu'il faut. […] »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 149

Je demandai [au directeur de l'hôtel] s'il [=le liftier] était enfin « chef des chasseurs ». « Il n'est pas encore assez vieux dans la maison, me répondit-il. Il a des camarades plus âgés que lui, cela ferait crier. […] »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 150

« Où est ma grand-mère ? dis-moi l'adresse. Est-elle bien ? Est-ce bien sûr qu'elle ne manque de rien ? — Mais non, me dit mon père, tu peux être tranquille. Sa garde est une personne ordonnée. On envoie de temps en temps une toute petite somme pour qu'on puisse lui acheter le peu qui lui est nécessaire. […] »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 156

Alors je crus me rappeler qu'un peu après sa mort, ma grand-mère m'avait dit en sanglotant […] « Tu me permettras bien de te voir quelquefois tout de même, ne me laisse pas trop d'années sans me visiter. Songe que tu as été mon petit-fils et que les grands-mères n'oublient pas. » En revoyant le visage si soumis, si malheureux, si doux qu'elle avait, je voulais courir immédiatement et lui dire ce que j'aurais dû lui répondre alors : « Mais, grand-mère, tu me verras autant que tu voudras, je n'ai que toi au monde, je ne te quitterai plus jamais. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 156

Elle doit croire que je l'oublie depuis qu'elle est morte, comme elle doit se sentir seule et abandonnée ! Oh ! il faut que je coure la voir, je ne peux pas attendre une minute […] mais où est-ce ? comment ai-je pu oublier l'adresse ?
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 156

Elle doit croire que je l'oublie depuis qu'elle est morte, comme elle doit se sentir seule et abandonnée ! Oh ! il faut que je coure la voir, je ne peux pas attendre une minute […] mais où est-ce ? comment ai-je pu oublier l'adresse ? pourvu qu'elle me reconnaisse encore ! Comment ai-je pul'oublier pendant des mois ?
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 156

Elle eut la mauvaise chance […] de rencontrer sur la plage une dame de Combray, suivie de ses filles. Je crois que son nom était Mme Poussin. Mais nous ne l'appelions jamais entre nous que « Tu m'en diras des nouvelles », car c'est par cette phrase perpétuellement répétée qu'elle avertissait ses filles des maux qu'elles se préparaient, par exemple en disant à l'une qui se frottait les yeux : « Quand tu auras une bonne ophtalmie, tu m'en diras des nouvelles. » […] Elle ne nous gêna guère à Balbec où je ne la rencontrai qu'une fois, à un moment où elle disait à sa fille en train de se ronger les ongles : « Quand tu auras un bon panaris, tu m'en diras des nouvelles. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 165

Elle trouvait trop dur d'appeler « cuiller » la pièce d'argenterie qui versait ses sirops et disait en conséquence « cueiller » ; elle eût eu peur de brusquer le doux chantre de Télémaque en l'appelant rudement Fénelon — comme je faisais moi-même en connaissance de cause, ayant pour ami le plus cher l'être le plus intelligent, bon et brave, inoubliable à tous ceux qui l'ont connu, Bertrand de Fénelon — et elle ne disait jamais que « Fénélon » trouvant que l'accent aigu ajoutait quelque mollesse.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 165

[…] ce jour que le marquis l'a photographiée, elle avait été bien malade, elle s'était deux fois trouvée mal. "Surtout, Françoise, qu'elle m'avait dit, il ne faut pas que mon petit-fils le sache." Et elle le cachait bien, elle était toujours gaie en société. Seule, par exemple, je trouvais qu'elle avait l'air par moments d'avoir l'esprit un peu monotone. Mais ça passait vite. Et puis elle me dit comme ça : "Si jamais il m'arrivait quelque chose, il faudrait qu'il ait un portrait de moi. Je n'en ai jamais fait faire un seul."
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 170

Des jours elle [=la grand-mère, malade, du Narrateur] voulait prévenir Madame [=sa fille] d'arriver pour la voir encore. Et puis elle avait peur de la surpendre, comme elle ne lui avait rien dit. "Il vaut mieux qu'elle reste avec son mari, voyez-vous, Françoise."
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 170

Nous ne nous mettons pas assez dans le cœur de ces pauvres femmes de chambre qui ne peuvent pas nous voir pleurer, comme si pleurer nous faisait mal ; ou peut-être leur faisait mal, Françoise m'ayant dit quand j'étais petit : « Ne pleurez pas comme cela, je n'aime pas vous voir pleurer comme cela. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 170

Votre visite est peut-être déjà arrivée. Il faut que je descende. Ce n'est pas une personne pour ici. Et avec une allant vite comme elle, elle pourrait être repartie. Elle n'aime pas attendre.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 170

C'est comme le jour où Madame votre grand-mère avait eu cette syncope, je voulais vous en avertir, parce qu'à cause de la clientèle [de l'hôtel] n'est-ce pas ? cela aurait pu faire du tort à la maison. Il aurait mieux valu qu'elle parte le soir même. Mais elle me supplia de ne rien dire et me promit qu'elle n'aurait plus de symecope où qu'à la première elle partirait.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 171

— Il n'est pas possible qu'elle ne m'aime plus. J'aurai beau l'embrasser, est-ce qu'elle ne me sourira plus jamais ? — Que veux-tu, les morts sont les morts.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 172

Balbec est assommant cette année, me dit-elle. Je tâcherai de ne pas rester longtemps. Vous savez que je suis ici depuis Pâques, cela fait plus d'un mois. Il n'y a personne. Si vous croyez que c'est folichon.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 174

Moi qui ne pouvais supporter autrefois la souffrance qu'elle avait quand mon grand-père prenait du cognac, je lui avais infligé celle, non pas même seulement de me voir prendre sur l'invitation d'un autre, une boisson qu'elle croyait funeste pour moi, mais je l'avais forcée à me laisser libre de m'en gorger à ma guise […]
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 177

Monsieur ne devrait pas voir cette demoiselle. Je vois bien le genre de caractère qu'elle a, elle vous fera des chagrins.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 180

Si jamais vous vous sentez de la peine ou que le cœur vous en dise, n'hésitez pas, me dit-elle, faites-moi chercher, je viendrai en vitesse, et si vous ne craignez pas que cela fasse scandale dans l'hôtel, je resterai aussi longtemps que vous voudrez.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 180

Oui, la première fois qu'on le voit on lui donnerait le bon Dieu sans confession, mais il y a des jours où il est poli comme une porte de prison.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 182

Certaines choses étaient extrêmement agaçantes chez ce liftier : quoi que je lui eusse dit, il m'interrompait par une locution, « Vous pensez ! » ou « Pensez ! », qui semblait signifier ou bien que ma remarque était d'une telle évidence que tout le monde l'eût trouvée, ou bien reporter sur lui-même le mérite comme si c'était lui qui attirait mon attention là-dessus. "Vous pensez" ou "Pensez!" exclamé avec la plus grande énergie revenait toutes les deux minutes dans sa bouche, pour des choses dont il ne se fut jamais avisé, ce qui m'irritait tant que je me mettais aussitôt à dire le contraire pour lui montrer qu'il n'y comprenait rien. Mais à ma seconde assertion, bien qu'elle fut inconciliable avec la première, il ne répondait pas moins: "Vous pensez!" "Pensez!", comme si ces mots étaient inévitables. Je lui pardonnais difficilement aussi qu'il employât certains termes de son métier et qui eussent à cause de cela été parfaitement convenables au propre, seulement dans le sens figuré, ce qui leur donnait une intention spirituelle assez bébête, par exemple le verbe pédaler. Jamais il n'en usait quand il avait fait une course à bicyclette. Mais si à pied, il s'était dépêché pour être à l'heure, pour signifier qu'il avait marché vite, il disait: "Vous pensez si on a pédalé!"
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 183

[…] c'était un va-et-vient normal. « Oui, c'est la femme de chambre d'à-côté qui va chercher ses affaires. Oh ! c'est sans importance, c'est le somelier qui remonte ses clefs. Non non, ce n'est rien, vous pouvez parler, c'est mon collègue qui va prendre son service. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 184

[…] c'était un va-et-vient normal. « Oui, c'est la femme de chambre d'à-côté qui va chercher ses affaires. Oh ! c'est sans importance, c'est le sommelier qui remonte ses clefs. Non non, ce n'est rien, vous pouvez parler, c'est mon collègue qui va prendre son service. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 184

[…] c'était un va-et-vient normal. « Oui, c'est la femme de chambre d'à-côté qui va chercher ses affaires. Oh ! c'est sans importance, c'est le sommelier qui remonte ses clefs. Non non, ce n'est rien, vous pouvez parler, c'est mon collègue qui va prendre son service. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 184

Avant de lui faire mes recommandations, je vis qu'il avait laissé la porte ouverte ; je le lui fis remarquer, j'avais peur qu'on ne nous entendît ; il condescendit à mon désir et revint ayant diminué l'ouverture. « C'est pour vous faire plaisir. Mais il n'y a plus personne à l'étage que nous deux. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 184

[Le liftier va chercher Albertine] Et une heure après il arrivait en me disant : « Monsieur a bien attendu, mais cette demoiselle vient n'avec moi. Elle est en bas. — Ah ! merci, le concierge ne sera pas fâché contre moi ? — Monsieur Paul ? Il sait seulement pas où je suis été. Même le chef de la porte n'a rien à dire. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 185

— Mais non, au contraire, ce n'est pas du tout naturel qu'elle vienne volontiers. C'est très incommode de venir de Berneville ici. — Je comprends ! — Vous lui direz de venir avec vous. — Oui, oui, oui, oui, je comprends très bien », répondait-il de ce ton précis et fin qui depuis longtemps avait cessé de me faire "bonne impression" parce que je savais qu'il était presque mécanique et recouvrait sous sa netteté apparente beaucoup de vague et de bêtise.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 185

Mais une fois où je lui [=liftier] avais dit : « Il faut absolument que vous la [=Albertine] rameniez », il me dit en souriant : « Vous savez que je ne l'ai pas trouvée. Elle n'est pas là. […] »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 185

[…] dès qu'on causait avec lui [=un médecin] dans le monde, fût-ce de politique ou de littérature, il vous écoutait avec une bienveillance attentive, d'un air de dire : « De quoi s'agit-il ? », sans prononcer tout de suite, comme s'il s'était agi d'une consultation.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 188

— Mais aujourd'hui j'ai donné rendez-vous chez elle à des amies. Comme cela on s'ennuiera moins". "Alors, Albertine, vous préférez la dame et vos amies à moi, puisque pour ne pas risquer de faire une visite un peu ennuyeuse, vous préférez de me laisser seul, malade et désolé?"
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 190

[…] pourquoi n'irions-nous pas de l'autre côté de Balbec, nous dînerions ensemble. Ce serait si gentil. Au fond, cette côte-là est bien plus jolie. Je commence à en avoir soupé d'Infreville et de tous ces petits coins vert épinard.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 191

[Albertine préfère aller au restaurant avec le Narrateur alors que l'amie de sa tante l'attend.] — Mais l'amie de votre tante sera fâchée si vous n'allez pas la voir. — Hé bien, elle se défâchera. — Non, il ne faut pas fâcher les gens. — Mais elle ne s'en apercevra même pas, elle reçoit tous les jours ; que j'y aille demain, après-demain, dans huit jours, dans quinze jours, cela fera toujours l'affaire.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 191

— Mais du côté que vous me proposez [pour aller dîner] il n'y a pas de train après neuf heures [pour rentrer]. — Hé bien, la belle affaire ! neuf heures c'est parfait. Et puis il ne faut jamais se laisser arrêter par les questions de retour. On trouvera toujours une charrette, un vélo, à défaut on a ses jambes. — On trouve toujours, Albertine, comme vous y allez ! Du côté d'Infreville, où les petites stations de bois sont collées les unes à côté des autres, oui. Mais du côté opposé ce n'est pas la même chose. — Même de ce côté-là. Je vous promets de vous ramener sain et sauf.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 191

— Mais du côté que vous me proposez [pour aller dîner] il n'y a pas de train après neuf heures [pour rentrer]. — Hé bien, la belle affaire ! neuf heures c'est parfait. Et puis il ne faut jamais se laisser arrêter par les questions de retour. On trouvera toujours une charrette, un vélo, à défaut on a ses jambes. — On trouve toujours, Albertine, comme vous y allez ! Du côté d'Infreville, où les petites stations de bois sont collées les unes à côté des autres, oui. Mais du côté opposé ce n'est pas la même chose. — Même de ce côté-là. Je vous promets de vous ramener sain et sauf.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 191

— Mais du côté que vous me proposez [pour aller dîner] il n'y a pas de train après neuf heures [pour rentrer]. — Hé bien, la belle affaire ! neuf heures c'est parfait. Et puis il ne faut jamais se laisser arrêter par les questions de retour. On trouvera toujours une charrette, un vélo, à défaut on a ses jambes. — On trouve toujours, Albertine, comme vous y allez ! Du côté d'Infreville, où les petites stations de bois sont collées les unes à côté des autres, oui. Mais du côté opposé ce n'est pas la même chose. — Même de ce côté-là. Je vous promets de vous ramener sain et sauf.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 191

— Mais du côté que vous me proposez [pour aller dîner] il n'y a pas de train après neuf heures [pour rentrer]. — Hé bien, la belle affaire ! neuf heures c'est parfait.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 191

— […] Je me noierai, je me jetterai à l'eau. — Comme Sapho. — Encore une insulte de plus ; vous n'avez pas seulement des doutes sur ce que je dis mais sur ce que je fais. — Mais, mon petit, je ne mettais aucune intention, je vous le jure, vous savez que Sapho s'est précipitée dans la mer. — Si, si, vous n'avez aucune confiance en moi.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 192

Je sentais qu'Albertine renonçait pour moi à quelque chose d'arrangé qu'elle ne voulait pas me dire, et qu'il y avait quelqu'un qui serait malheureux comme je l'étais. Voyant que ce qu'elle avait voulu n'était pas possible, puisque je voulais l'accompagner, je renonçais franchement. […] — Non, Albertine, je ne veux pas gâter votre plaisir, allez chez votre dame d'Infreville, ou enfin chez la personne dont elle est le porte-nom, cela m'est égal. La vraie raison pour laquelle je ne vais pas avec vous, c'est que vous ne le désirez pas, que la promenade que vous feriez avec moi n'est pas celle que vous vouliez faire, la preuve en est que vous vous êtes contredite plus de cinq fois sans vous en apercevoir.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 192

Vous êtes trop méchant. Je change tout pour passer une bonne soirée avec vous et c'est vous qui ne voulez pas, et vous m'accusez de mensonge. Jamais je ne vous avais encore vu si cruel.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 192

— « […] je ne les [=des jeunes filles] ai jamais regardées […] » — « Elles n'ont pas l'air de nous regarder beaucoup non plus », dis-je à Albertine […] — Elles ne nous on pas regardées ? me répondit étourdiment Albertine. Elles n'ont pas fait autre chose tout le temps. — Mais vous ne pouvez pas le savoir, lui dis-je, vous leur tourniez le dos. — Eh bien, et cela ? » me répondit-elle en me montrant, encastrée dans le mur en face de nous, une grande glace que je n'avais pas remarquée, et sur laquelle je comprenais maintenant que mon amie, tout en me parlant, n'avait pas cessé de fixer ses beaux yeux remplis de préoccupation.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 193

Un jour, devant le Grand-Hôtel où nous étions réunis sur la digue, je venais d'adresser à Albertine les paroles les plus dures et les plus humiliantes, et Rosemonde disait : « Ah ! ce que vous êtes changé tout de même pour elle, autrefois il n'y en avait que pour elle, c'était elle qui tenait la corde, maintenant elle n'est plus bonne à donner à manger aux chiens. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 195

Est-ce que je peux rester si je ne vous dérange pas, me demanda Albertine (dans les yeux de qui restaient, amenées par les choses cruelles que je venais de lui dire, quelques larmes que je remarquais sans paraître les voir, mais non sans en être réjoui), j'aurais quelque chose à vous dire.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 196

Est-ce que je peux rester si je ne vous dérange pas, me demanda Albertine (dans les yeux de qui restaient, amenées par les choses cruelles que je venais de lui dire, quelques larmes que je remarquais sans paraître les voir, mais non sans en être réjoui), j'aurais quelque chose à vous dire.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 196

Mme de Cambremer […] au grand chagrin de son invité, égala Monet à Le Sidaner. On ne peut pas dire qu'elle fût bête ; elle débordait d'une intelligence que je sentais m'être entièrement inutile.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 200

Au nom du ciel, après un peintre comme Monet, qui est tout bonnement un génie, n'allez pas nommer un vieux poncif sans talent comme Poussin. Je vous dirai tout nûment que je le trouve le plus barbifiant des raseurs. Qu'est-ce que vous voulez, je ne peux pourtant pas appeler cela de la peinture.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 201

Au nom du ciel, après un peintre comme Monet, qui est tout bonnement un génie, n'allez pas nommer un vieux poncif sans talent comme Poussin. Je vous dirai tout nûment que je le trouve le plus barbifiant des raseurs. Qu'est-ce que vous voulez, je ne peux pourtant pas appeler cela de la peinture.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 201

Au nom du ciel, après un peintre comme Monet, qui est tout bonnement un génie, n'allez pas nommer un vieux poncif sans talent comme Poussin. Je vous dirai tout nûment que je le trouve le plus barbifiant des raseurs. Qu'est-ce que vous voulez, je ne peux pourtant pas appeler cela de la peinture.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 201

Il est vrai que la seule élève encore vivante de Chopin déclarait avec raison que la manière de jouer, le « sentiment » du Maître, ne s'était transmis, à travers elle, qu'à Mme de Cambremer […]
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 203

« Élodie ! Élodie ! il aime Chopin. » Ses seins se soulevèrent et elle battit l'air de ses bras. « Ah ! j'avais bien senti que vous étiez musicien, s'écria-t-elle. Je comprends, hhartiste comme vous êtes, que vous aimiez cela C'est si beau ! »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 206

« Mon Dieu, me dit Mme de Cambremer-Legrandin, je crois que ma belle-mère s'attarde un peu trop, elle oublie que nous avons à dîner mon oncle de Ch'nouville. Et puis Cancan n'aime pas attendre. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 207

[…] une de ses amies lui ayant parlé d'un buste de la duchesse d'Uzès, Mlle Legrandin lui avait répondu avec mauvaise humeur, et d'un ton hautain : « Vous pourriez au moins prononcer comme il faut : Madame d'Uzai. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 208

« Ceci est encore assez Pelléas, fis-je remarquer à Mme de Cambremer-Legrandin. Vous savez la scène que je veux dire. — Je crois bien que je sais » ; mais « je ne sais pas du tout » était proclamé par sa voix et son visage qui ne se moulaient à aucun souvenir, et par son sourire sans appui, en l'air.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 211

[Le premier président de Caen : ] Qu'on ait besoin de moi, je suis toujours là pour répondre : "Présent." Mais ils ont voulu jeter le grappin sur moi. Ah ! alors, cela », ajouta-t-il d'un air fin et en levant le doigt comme quelqu'un qui distingue et argumente, « je ne permets pas ça. C'est attenter à la liberté de mes vacances. […] »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 212

[Le premier président de Caen : ] Qu'on ait besoin de moi, je suis toujours là pour répondre : "Présent." Mais ils ont voulu jeter le grappin sur moi. Ah ! alors, cela », ajouta-t-il d'un air fin et en levant le doigt comme quelqu'un qui distingue et argumente, « je ne permets pas ça. C'est attenter à la liberté de mes vacances. […] »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 212

[Le premier président de Caen : ] Qu'on ait besoin de moi, je suis toujours là pour répondre : "Présent." Mais ils ont voulu jeter le grappin sur moi. Ah ! alors, cela », ajouta-t-il d'un air fin et en levant le doigt comme quelqu'un qui distingue et argumente, « je ne permets pas ça. C'est attenter à la liberté de mes vacances. […] »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 212

[Le premier président de Caen : ] Qu'on ait besoin de moi, je suis toujours là pour répondre : "Présent." Mais ils ont voulu jeter le grappin sur moi. Ah ! alors, cela », ajouta-t-il d'un air fin et en levant le doigt comme quelqu'un qui distingue et argumente, « je ne permets pas ça. C'est attenter à la liberté de mes vacances. J'ai été obligé de dire "Halte-là !" »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 212

Quand j'eus dit au revoir à Rosemonde et à Gisèle, elles virent avec étonnement Albertine arrêtée qui ne les suivait pas. « Hé bien, Albertine, qu'est-ce que tu fais, tu sais l'heure ? — Rentrez, leur répondit-elle avec autorité. J'ai à causer avec lui », ajouta-t-elle en me montrant d'un air soumis.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 212

Quand j'eus dit au revoir à Rosemonde et à Gisèle, elles virent avec étonnement Albertine arrêtée qui ne les suivait pas. « Hé bien, Albertine, qu'est-ce que tu fais, tu sais l'heure ? — Rentrez, leur répondit-elle avec autorité. J'ai à causer avec lui », ajouta-t-elle en me montrant d'un air soumis.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 212

Quand vous aurez mon âge vous verrez que c'est bien peu de chose, le monde, et vous regretterez d'avoir attaché tant d'importance à ces riens.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 212

[…] dans la politique, dans les relations d'amant à maîtresse, il y a trop de choses placées entre l'argent et la docilité. Tant de choses que ceux-là mêmes chez qui l'argent éveille finalement le sourire, sont souvent incapables de suivre le processus interne qui les relie, se croient, sont plus délicats. Et puis cela décante la conversation polie des « Je sais ce qui me reste à faire, demain on me trouvera à la Morgue. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 215

Aussitôt seuls et engagés dans le corridor, Albertine me dit : « Qu'est-ce que vous avez contre moi ? »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 215

Aussitôt seuls et engagés dans le corridor, Albertine me dit : « Qu'est-ce que vous avez contre moi ? » […] Avant de lui répondre je la conduisis jusqu'à ma porte. […] J'allai jusqu'à la fenêtre ; les mouettes étaient de nouveau posées sur les flots ; mais maintenant elles étaient roses. Je le fis remarqer à Albertine : « Ne détournez pas la conversation, me dit-elle. Soyez franc comme moi. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 216

Lui du moins [=un oiseau qui passe] va droit au but ! me dit Albertine d'un air de reproche. — Vous me dites cela parce que vous ne savez pas ce que j'aurais voulu vous dire. Mais c'est tellement difficile que j'aime mieux y renoncer ; je suis certain que je vous fâcherais ; alors cela n'aboutira qu'à ceci : je ne serai en rien plus heureux avec celle que j'aime d'amour et j'aurai perdu une bonne camarade. — Mais puisque je vous jure que je ne me fâcherai pas. » […] « Mais enfin qu'est-ce que j'ai pu faire ? » me demanda Albertine.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 218

Lui du moins [=un oiseau qui passe] va droit au but ! me dit Albertine d'un air de reproche. — Vous me dites cela parce que vous ne savez pas ce que j'aurais voulu vous dire. Mais c'est tellement difficile que j'aime mieux y renoncer ; je suis certain que je vous fâcherais ; alors cela n'aboutira qu'à ceci : je ne serai en rien plus heureux avec celle que j'aime d'amour et j'aurai perdu une bonne camarade. — Mais puisque je vous jure que je ne me fâcherai pas. » […] « Mais enfin qu'est-ce que j'ai pu faire ? » me demanda Albertine.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 218

[…] la tante d'Albertine qui passait devant l'hôtel en voiture, s'était arrêtéee à tout hasard pour voir si elle n'y était pas et la ramener. Albertine fit répondre qu'elle ne pouvait pas descendre, qu'on dînât sans l'attendre, qu'elle ne savait pas à quelle heure elle rentrerait. « Mais votre tante sera fâchée ? — Pensez-vous ! Elle comprendra très bien. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 219

[…] la tante d'Albertine qui passait devant l'hôtel en voiture, s'était arrêtéee à tout hasard pour voir si elle n'y était pas et la ramener. Albertine fit répondre qu'elle ne pouvait pas descendre, qu'on dînât sans l'attendre, qu'elle ne savait pas à quelle heure elle rentrerait. « Mais votre tante sera fâchée ? — Pensez-vous ! Elle comprendra très bien. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 219

[…] la tante d'Albertine qui passait devant l'hôtel en voiture, s'était arrêtéee à tout hasard pour voir si elle n'y était pas et la ramener. Albertine fit répondre qu'elle ne pouvait pas descendre, qu'on dînât sans l'attendre, qu'elle ne savait pas à quelle heure elle rentrerait. « Mais votre tante sera fâchée ? — Pensez-vous ! Elle comprendra très bien. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 219

Elle me disait : « Aujourd'hui je veux être un peu seule avec vous, ce sera plus gentil de se voir tous les deux… » Alors elle disait qu'elle avait à faire, que d'ailleurs elle n'avait pas de compte à rendre, et pour que les autres, si elles allaient tout de même sans nous se promener et goûter, ne pussent pas nous retrouver, nous allions comme deux amants tout seuls à Bagatelle […]
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 224

Elle me disait : « Aujourd'hui je veux être un peu seule avec vous, ce sera plus gentil de se voir tous les deux. » Alors elle disait qu'elle avait à faire, que d'ailleurs elle n'avait pas de compte à rendre, et pour que les autres, si elles allaient tout de même sans nous se promener et goûter, ne pussent pas nous retrouver, nous allions comme deux amants tout seuls à Bagatelle […]
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 224

Elle me disait : « Aujourd'hui je veux être un peu seule avec vous, ce sera plus gentil de se voir tous les deux. » Alors elle disait qu'elle avait à faire, que d'ailleurs elle n'avait pas de compte à rendre, et pour que les autres, si elles allaient tout de même sans nous se promener et goûter, ne pussent pas nous retrouver, nous allions comme deux amants tout seuls à Bagatelle […]
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 224

En le [=qu'elle soit lesbienne] niant de chaque coupable, je ne tendais pas moins qu'à prétendre que le saphisme n'existe pas. Albertine adoptait mon incrédulité pour le vice de telle ou telle : « Non, je crois que c'est seulement un genre qu'elle cherche à se donner, c'est pour faire du genre. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 227

"Allons, Céleste, veux-tu te taire. Es-tu pas folle de parler à Monsieur comme cela". Céleste n'en faisait que sourire; et comme je détestais qu'on m'attachât une serviette: "Mais non Marie, regarde-le, bing, voilà qu'il s'est dressé tout droit comme un serpent. Un vrai serpent, je te dis."
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 233

« […] Allons bon, voilà qu'il répand son lait, attendez qe je vous mette une serviette car vous ne sauriez pas vous y prendre, je n'ai jamais vu quelqu'un de si bête et de si maladroit que vous. » On entendait alors le bruit plus régulier de torrent de Marie Gineste qui, furieuse, faisait des réprimandes à sa sœur : « Allons, Céleste, veux-tu te taire ? Es-tu pas folle de parler à Monsieur comme cela ? »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 233

« […] Allons bon, voilà qu'il répand son lait, attendez qe je vous mette une serviette car vous ne sauriez pas vous y prendre, je n'ai jamais vu quelqu'un de si bête et de si maladroit que vous. » On entendait alors le bruit plus régulier de torrent de Marie Gineste qui, furieuse, faisait des réprimandes à sa sœur : « Allons, Céleste, veux-tu te taire ? Es-tu pas folle de parler à Monsieur comme cela ? »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 233

Or la jeune fille et son amie qui, pendant quelques jours, s'étaient figuré être exclues du casino et du Grand-Hôtel, voyant que tout s'arrangeait, furent heureuses de montrer à ceux des pères de famille qui les tenaient à l'écart qu'elles pouvaient impunément tout se permettre.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 236

Quant à Albertine je ne peux pas dire que nulle part, au casino, sur la plage, elle eût avec une jeune fille des manières trop libres.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 238

[…] Albertine, même peut-être sans but précis, pour irriter les sens de cette dame ou lui rappeler méchamment d'anciennes propositions, peut-être acceptées autrefois, l'avait frôlée […]
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 239

Excusez-moi, monsieur, de m'adresser à vous sans vous connaître. Mais j'ai entendu que vous commandiez des tomates. Elles sont pourries aujourd'hui. Je vous le dis dans votre intérêt car pour moi cela m'est égal, je n'en prends jamais.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 240

Excusez-moi, monsieur, de m'adresser à vous sans vous connaître. Mais j'ai entendu que vous commandiez des tomates. Elles sont pourries aujourd'hui. Je vous le dis dans votre intérêt car pour moi cela m'est égal, je n'en prends jamais.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 240

Mais je serai tout de même là le mercredi. Nous ferons mercredi entre nous ; qui sait ? ces petits mercredis intimes, ce seront peut-être les plus agréables.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 242

Aux reproches que je fis à Albertine quand Saint-Loup nous eut quittés, elle me répondit qu'elle avait voulu, par sa froideur avec moi, effacer à tout hasard l'idée qu'il avait pu se faire si […] il m'avait vu penché contre elle et mon bras passé autour de sa taille. […] « Votre attitude n'effaçait rien du tout », dis-je à Albertine quand Saint-Loup nous eut quittés. « C'est vrai, me dit-elle, j'ai été maladroite, je vous ai fait de la peine, j'en suis bien plus malheureuse que vous. Vous verrez que jamais je ne serai plus comme cela ; pardonnez-moi », me dit-elle en me tendant la main d'un air triste.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 244

Aux reproches que je fis à Albertine quand Saint-Loup nous eut quittés, elle me répondit qu'elle avait voulu, par sa froideur avec moi, effacer à tout hasard l'idée qu'il avait pu se faire si […] il m'avait vu penché contre elle et mon bras passé autour de sa taille. […] « Votre attitude n'effaçait rien du tout », dis-je à Albertine quand Saint-Loup nous eut quittés. « C'est vrai, me dit-elle, j'ai été maladroite, je vous ai fait de la peine, j'en suis bien plus malheureuse que vous. Vous verrez que jamais je ne serai plus comme cela ; pardonnez-moi », me dit-elle en me tendant la main d'un air triste.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 244

Robert me demanda si je ne voulais pas essayer de trouver parmi les amis avec lesquels il me faisait dîner chaque soir à Doncières quand j'y avais séjourné, ceux qui y étaient encore. Et comme il donnait lui-même dans le genre de prétention agaçante qu'il réprouvait : À quoi ça te sert-il d'avoir 'fait du charme' pour eux avec tant de persévérance si tu ne veux pas les revoir ? »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 244

« Voyez-vous, lui dis-je en remontant dans le wagon, la vie de bains de mer et la vie de voyage me font comprendre que le théâtre du monde dispose de moins de décors que d'acteurs et de moins d'acteurs que de "situations". — À quel propos me dites-vous cela ? — Parce que M. de Charlus vient de me demander de lui envoyer un de ses amis, que juste à l'instant, sur le quai de cette gare, je viens de reconnaître pour l'un des miens. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 246

Prenez ces œillets, tenez, cette belle rose, mon bon Monsieur, cela vous portera bonheur. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 247

[…] il devait m'arriver de dire sincèrement à quelqu'un faisant une histoire de son ancêtre La Rochefoucauld, l'auteur des Maximes, et qui eût voulu aller demander des conseils à Robert : « Il sera si heureux. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 248

Pendant les premières secondes où le petit groupe se fut engouffré dans le wagon je ne pus même pas parler à Cottard, car il était suffoqué, moins d'avoir couru pour ne pas manquer le train, que par l'émerveillement de l'avoir attrapé si juste. Il en éprouvait plus que la joie d'une réussite, presque l'hilarité d'une joyeuse farce. « Ah ! elle est bien bonne ! dit-il quand il se fut remis. Un peu plus ! nom d'une pipe, c'est ce qui s'appelle arriver à pic » […]
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 253

[…] la princesse de Caprarola, femme du grand monde, avait fait une visite à Mme Verdurin. Elle avait même prononcé son nom au cours d'une visite de condoléances qu'elle avait faite à Mme Swann après la mort du mari de celle-ci et lui avait demandé si elle les connaissait. "Comment dites-vous? avait répondu Odette d'un air subitement triste. — Verdurin. — Ah! alors je sais, avait-elle repris avec désolation, je ne les connais pas, ou plutôt je les connais sans les connaître, ce sont des gens que j'ai vus autrefois chez des amis, il y a longtemps, ils sont agréables".
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 254

Ah ! celle-là est intelligente, c'est une femme agréable. Ce que je ne peux pas supporter, ce sont les imbéciles, les gens qui m'ennuient, ça me rend folle.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 254

[…] la princesse a été reconduire jusqu'à Maineville des invités de Mme Verdurin qui prenaient le train de Paris. Il ne serait même pas impossible que Mme Verdurin, qui avait à faire à Saint-Mars, fût avec elle ! Comme cela elle voyagerait avec nous et nous ferions route tous ensemble, ce serait charmant. Il s'agira d'ouvrir l'œil à Maineville, et le bon ! Ah ! ça ne fait rien ! on peut dire que nous avons bien failli manquer le coche.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 257

Arrivés en avance avec Cottard et Brichot à la gare de Graincourt, ils avaient laissé Brichot dans la salle d'attente et étaient allés faire un tour. Quand Cottard avait voulu revenir, Ski avait répondu : « Mais rien ne presse. Aujourd'hui ce n'est pas le train local, c'est le train départemental. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 257

Voyez-vous ça que nous ayons manqué le train, Mme Verdurin s'apercevant que les voitures [envoyées à la gare chercher les invités] revenaient sans nous: Tableau! ajouta le docteur qui n'était pas encore remis de son émoi. Voilà une équipée qui n'est pas banale. Dites donc, Brichot, qu'est-ce que vous dites de notre petite escapade?" demanda le docteur avec une certaine fierté. "Par ma foi, répondit Brichot, en effet, si vous n'aviez plus trouvé le train, ç'eût été, comme eut parlé feu Villemain un sale coup pour la fanfare!"
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 258

Ah ! celui-là, reprit Brichot en parlant de "monsieur le prince de Talleyrand", il faut le saluer chapeau bas. C'est un ancêtre.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 259

Aussi après m'avoir cité la princesse Sherbatoff parmi les personnes que recevait Mme Verdurin, Cottard ajoutait en clignant de l'œil : « Vous voyez le genre de la maison, vous comprenez ce que je veux dire ? » Il voulait dire ce qu'il y a de plus chic.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 263

Aussi après m'avoir cité la princesse Sherbatoff parmi les personnes que recevait Mme Verdurin, Cottard ajoutait en clignant de l'œil : « Vous voyez le genre de la maison, vous comprenez ce que je veux dire ? » Il voulait dire ce qu'il y a de plus chic.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 263

D'ailleurs ce genre d'individus recherche volontiers les princes de la science », ajoutait-il avec un sourire d'amour-propre béat, amené à ses lèvres par la satisfaction orgueilleuse, non pas tellement que l'expression jadis réservée aux Potain, aux Charcot, s'appliquât maintenant à lui, mais qu'il sût enfin user comme il convenait de toutes celles que l'usage autorise et, qu'après les avoir longtemps piochées, il possédait à fond.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 263

Au bout d'une seconde elle voulut ouvrir une glace car il faisait un peu chaud dans le compartiment, et ne voulant pas demander la permission à tout le monde, comme seul je n'avais pas de manteau, elle me dit d'une voix rapide, fraîche et rieuse : « Ça ne vous est pas désagréable, monsieur, l'air ? » J'aurais voulu lui dire: "Venez avec nous chez les Verdurin", ou : "Dites-moi votre nom et votre adresse." Je répondis : « Non, l'air de ne me gêne pas, mademoiselle. » Et après, sans se déranger de sa place : « La fumée, ça ne gêne pas vos amis ? » et elle alluma une cigarette.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 265

Au bout d'une seconde elle voulut ouvrir une glace car il faisait un peu chaud dans le compartiment, et ne voulant pas demander la permission à tout le monde, comme seul je n'avais pas de manteau, elle me dit d'une voix rapide, fraîche et rieuse : « Ça ne vous est pas désagréable, monsieur, l'air ? » […] Je répondis : « Non, l'air de me gêne pas, mademoiselle. » Et après, sans se déranger de sa place : « La fumée, ça ne gêne pas vos amis ? » et elle alluma une cigarette.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 265

Il avait commencé par promettre d'être un très bon journaliste. Mais il tourna mal, je veux dire qu'il devint ministre !
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 265

« On doit être toujours sans nouvelles du violoniste », dit Cottard. […] Celui-ci, qui faisait son service militaire près de Doncières, venait dîner trois fois par semaine à La Raspelière car il avait la permission de minuit. [Il n'est pas au tram, ni au suivant.] « Il a été sûrement fourré au bloc, il n'y a pas d'autre explication de sa fugue. Ah ! dame, vous savez, dans le métier militaire, avec ces gaillards-là, il suffit d'un adjudant grincheux. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 266

Vous n'allez pas me laisser seule en tête à tête avec ces Chinois-là ! Il faut au contraire que nous soyons en nombre pour supporter l'ennui.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 268

— Écoutez-moi, Ski, attendez, je vais vous dire "une bonne chose" », dit Cottard qui avait pris en affection cette expression usitée dans certains milieux médicaux.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 273

L'éminent professeur, dit Brichot, s'exprime, Dieu me pardonne, dans un français aussi mêlé de latin et de grec qu'eût pu le faire M. Purgon lui-même, de moliéresque mémoire !
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 273

"Princesse, nous vous aurons manquée à Maineville! Vous permettez que nous prenions place dans votre compartiment? — Mais comment donc", fit la princesse qui, en entendant Cottard lui parler, leva seulement alors de sur sa revue des yeux qui, comme ceux de M. de Charlus, quoique plus doux, voyaient très bien les personnes de la présence de qui elle faisait semblant de ne pas s'apercevoir.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 274

Cré nom, s'écria le docteur, ma femme a oublié de faire changer les boutons de mon gilet blanc. Ah ! les femmes, ça ne pense à rien. Ne vous mariez jamais, voyez-vous » me dit-il.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 274

Cré nom, s'écria le docteur, ma femme a oublié de faire changer les boutons de mon gilet blanc. Ah ! les femmes, ça ne pense à rien. Ne vous mariez jamais, voyez-vous » me dit-il.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 274

Nom d'une pipe, j'ai dû perdre mon billet [de train], je ne le retrouve pas », s'écria Cottard, sans s'inquiéter d'ailleurs outre mesure.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 274

Comme j'aimerais savoir ce que veulent dire tous ces noms [de lieux], dis-je à Cottard. — Mais demandez à M. Brichot, il le sait peut-être.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 275

« Saperlipopette ! », s'écria le docteur Cottard, quand nous fumes devant la barrière où on prenait les billets et feignant seulement de s'en apercevoir, « je ne peux pas retrouver mon ticket, j'ai dû le perdre. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 276

— […] Mme Verdurin est une femme forte, c'est une cérébrale encore plus qu'une émotive. — Je ne suis pas tout à fait de l'avis du docteur », dit la princesse […]
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 277

« Je crois que vous ferez bien de ne parler de rien devant Mme Verdurin, ajouta la princesse. — Ah ! vous faites bien de me le dire, répondit naïvement Brichot… Je transmettrai la recommandation à Cottard… »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 279

« Allons, mon brave Brichot, posez vite vos affaires. Nous avons une bouillabaisse qui n'attend pas. Surtout au nom du ciel n'allez pas parler de Dechambre à Mme Verdurin ! Vous savez qu'elle cache beaucoup ce qu'elle ressent, mais elle a une véritable maladie de la sensibilité. Non, mais je vous jure, quand ellle a appris que Dechambre était mort, elle a presque pleuré », dit M. Verdurin d'un ton profondément ironique.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 280

« Hé bien ! ce pauvre Dechambre ! » dit-il, mais à mi-voix […] « C'est affreux, répondit allégrement M. Verdurin. — Si jeune », reprit Brichot. Agacé de s'attarder à ces inutilités, M. Verdurin répliqua d'un ton pressé et avec un gémissement suraigu, non de chagrin, mais d'impatience irritée : « Hé bien oui, mais qu'est-ce que vous voulez, nous n'y pouvons rien, ce ne seront pas nos paroles qui le ressusciteront, n'est-ce-pas ? »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 280

« Hé bien ! ce pauvre Dechambre ! » dit-il, mais à mi-voix […] « C'est affreux, répondit allégrement M. Verdurin. — Si jeune », reprit Brichot. Agacé de s'attarder à ces inutilités, M. Verdurin répliqua d'un ton pressé et avec un gémissement suraigu, non de chagrin, mais d'impatience irritée : « Hé bien oui, mais qu'est-ce que vous voulez, nous n'y pouvons rien, ce ne seront pas nos paroles qui le ressusciteront, n'est-ce-pas ? »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 280

« Hé bien ! ce pauvre Dechambre ! » dit-il, mais à mi-voix […] « C'est affreux, répondit allégrement M. Verdurin. — Si jeune », reprit Brichot. Agacé de s'attarder à ces inutilités, M. Verdurin répliqua d'un ton pressé et avec un gémissement suraigu, non de chagrin, mais d'impatience irritée : « Hé bien oui, mais qu'est-ce que vous voulez, nous n'y pouvons rien, ce ne seront pas nos paroles qui le ressusciteront, n'est-ce-pas ? »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 280

« Hé bien ! ce pauvre Dechambre ! » dit-il, mais à mi-voix […] « C'est affreux, répondit allégrement M. Verdurin. — Si jeune », reprit Brichot. Agacé de s'attarder à ces inutilités, M. Verdurin répliqua d'un ton pressé et avec un gémissement suraigu, non de chagrin, mais d'impatience irritée : « Hé bien oui, mais qu'est-ce que vous voulez, nous n'y pouvons rien, ce ne seront pas nos paroles qui le ressusciteront, n'est-ce-pas ? »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 280

« Hé bien ! ce pauvre Dechambre ! » dit-il, mais à mi-voix […] « C'est affreux, répondit allégrement M. Verdurin. — Si jeune », reprit Brichot. Agacé de s'attarder à ces inutilités, M. Verdurin répliqua d'un ton pressé et avec un gémissement suraigu, non de chagrin, mais d'impatience irritée : « Hé bien oui, mais qu'est-ce que vous voulez , nous n'y pouvons rien, ce ne seront pas nos paroles qui le ressusciteront, n'est-ce-pas ? »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 280

Affligez-vous sur le sort de Dechambre [décédé] dans votre cœur tant que vous voudrez. Pensez-y, mais n'en parlez pas [devant Mme Verdurin, qui est sensible]. J'aimais bien Dechambre, mais vous ne pouvez pas m'en vouloir d'aimer encore plus ma femme.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 280

Affligez-vous sur le sort de Dechambre [décédé] dans votre cœur tant que vous voudrez. Pensez-y, mais n'en parlez pas [devant Mme Verdurin, qui est sensible]. J'aimais bien Dechambre, mais vous ne pouvez pas m'en vouloir d'aimer encore plus ma femme.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 280

Je lui dis mon admiration pour ce pays. « Ah ! tant mieux, et vous n'avez rien vu, nous vous le montrerons. Pourquoi ne viendriez-vous pas habiter quelques semaines ici ? l'air est excellent. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 280

« Écoutez, dit-il à Brichot, il ne faut d'exagération en rien… Ce n'est pas une raison parce qu'il est mort pour en faire un génie qu'il n'était pas… Il jouait bien, c'est entendu, il était surtout bien encadré ici ; transplanté, il n'exisait plus… […] »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 281

« Écoutez, dit-il à Brichot, il ne faut d'exagération en rien. Ce n'est pas une raison parce qu'il est mort pour en faire un génie qu'il n'était pas. Il jouait bien, c'est entendu, il était surtout bien encadré ici ; transplanté, il n'existait plus. […] »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 281

« Surtout, rappela à Brichot Cottard […], motus devant Mme Verdurin. — Soyez sans crainte, ô Cottard, vous avez affaire à un sage, comme dit Théocrite. […] »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 281

Persuadé que les Verdurin allaient faire un pas de clerc en laissant s'introduire dans leur salon si "select" un individu taré, le sculpteur crut devoir prendre à part la patronne. "Vous faites entièrement erreur, d'ailleurs je ne crois jamais ces choses-là, et puis quand ce serait vrai, je vous dirai que ce ne serait pas très compromettant pour moi!" lui répondit Mme Verdurin, furieuse, car Morel étant le principal élément des mercredis, elle tenait avant tout à ne pas le mécontenter.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 284

[…] ces couchers de soleil qui passaient pour si beaux vus de cette falaise, plus encore de la terrasse de la Raspelière, et pour lesquels j'aurais fait des lieues. "Oui, c'est incomparable, dit légèrement Mme Verdurin en jetant un coup d'œil sur les immenses croisées qui faisaient porte vitrée. Nous avons beau voir cela tout le temps, nous ne nous en lassons pas", et elle ramena ses regards vers ses cartes.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 285

« […] du banc qui est là-bas vous embrassez tout le panorama. Mais vous ne pouvez pas y aller tout seul, vous vous perdriez. Je vais vous y conduire, si vous voulez, ajouta-t-elle mollement. — Mais non, voyons, tu n'as pas assez des douleurs que tu as prises l'autre jour, tu veux en prendre de nouvelles ? Il reviendra, il verra la vue de la baie une autre fois. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 285

« […] du banc qui est là-bas vous embrassez tout le panorama. Mais vous ne pouvez pas y aller tout seul, vous vous perdriez. Je vais vous y conduire, si vous voulez, ajouta-t-elle mollement. — Mais non, voyons, tu n'as pas assez des douleurs que tu as prises l'autre jour, tu veux en prendre de nouvelles ? Il reviendra, il verra la vue de la baie une autre fois. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 285

Sous l'action des innombrables névralgies que la musique de Bach, de Wagner, de Vinteuil, de Debussy lui avait occasionnées, le front de Mme Verdurin avait pris des proportions énormes, comme les membres qu'un rhumatisme finit par déformer. Ses tempes, pareilles à deux belles sphères brûlantes, endolories et laiteuses, où roule immortellement l'Harmonie, rejetaient de chaque côté des mèches argentées, et proclamaient, pour le compte de la Patronne, sans que celle-ci eût besoin de parler : « Je sais ce qui m'attend ce soir. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 286

J'eus aussitôt l'impression qu'il avait quelque chose à me demander. Me prenant à part au bout d'une minute : « Monsieur me rendrait bien grand service, me dit-il, allant cette fois jusqu'à me parler à la troisième personne, en cachant entièrement à Mme Verdurin et à ses invités le genre de profession que mon père a exercé chez son oncle. […] »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 289

Je venais de transmettre à Mme Verdurin le message dont m'avait chargé Morel, et je parlais de Saint-Loup avec M. de Charlus, quand Cottard entra au salon en annonçant comme s'il y avait le feu, que les Cambremer arrivaient. Mme Verdurin, pour ne pas avoir l'air vis-à-vis de nouveaux comme M. de Charlus, (que Cottard n'avait pas vu), et comme moi, d'attacher tant d'importance à l'arrivée des Cambremer, ne bougea pas, ne répondit pas à l'annonce de cette nouvelle et se contenta de dire au docteur, en s'éventant avec grâce et du même ton factice qu'une marquise du Théâtre-Français: "Le baron nous disait justement..." C'en était trop pour Cottard! Moins vivement qu'il n'eut fait autrefois, car l'étude et les hautes situations avaient ralenti son débit, mais avec cette émotion tout de même qu'il retrouvait chez les Verdurin: "Un baron! Où ça, un baron? Où ça un baron?" s'écria-t-il en le cherchant des yeux avec un étonnement qui frisait l'incrédulité.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 291

Avant même qu'il n'eût parlé de sa voix forte et légèrement bégayante, sa haute taille et sa figure colorée manifestaient dans leur oscillation l'hésitation martiale d'un chef qui cherche à vous rassurer et vous dit : « On m'a parlé, nous arrangerons cela ; je vous ferai lever votre punition ; nous ne sommes pas des buveurs de sang ; tout ira bien. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 295

Avant même qu'il n'eût parlé de sa voix forte ét légèrement bégayante, sa haute taille et sa figure colorée manifestaient dans leur oscillation l'hésitation martiale d'un chef qui cherche à vous rassurer et vous dit : « On m'a parlé, nous arrangerons cela ; je vous ferai lever votre punition ; nous ne sommes pas des buveurs de sang ; tout ira bien. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 295

Avant même qu'il n'eût parlé de sa voix forte ét légèrement bégayante, sa haute taille et sa figure colorée manifestaient dans leur oscillation l'hésitation martiale d'un chef qui cherche à vous rassurer et vous dit : « On m'a parlé, nous arrangerons cela ; je vous ferai lever votre punition ; nous ne sommes pas des buveurs de sang ; tout ira bien. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 295

[…] elle lui offrit le bras pour aller à table. Il hésita un instant, se disant : « Je ne peux tout de même pas passer avant M. de Charlus. » Mais pensant que celui-ci était un vieil ami de la maison du moment qu'il n'avait pas la place d'honneur, il se décida à prendre le bras qui lui était offert […]
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 297

[…] ils ne craindraient pas de lui causer, ceux que cela n'embarrasse pas de suivre un jeune homme pendant des lieues, de ne pas le quitter des yeux au théâtre même s'il est avec des amis, risquant par cela de le brouiller avec eux, on peut les entendre, pour peu qu'un autre qui ne leur plaît pas les regarde, dire : "Monsieur, pour qui me prenez-vous ?" (simplement parce qu'on les prend pour ce qu'ils sont). "Je ne vous comprends pas, inutile d'insister, vous faites erreur", aller au besoin jusqu'aux gifles, et devant quelqu'un qui connaît l'imprudent, s'indigner : "Comment, vous connaissez cette horreur. Elle a une façon de vous regarder ! ... En voilà des manières !"
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 298

[…] on peut les entendre, pour peu qu'un autre qui ne leur plaît pas les regarde, dire : « Monsieur, pour qui me prenez-vous ? (simplement parce qu'on les prend pour ce qu'ils sont) je ne vous comprends pas, inutile d'insister, vous faites erreur », aller au besoin jusqu'aux gifles, et devant quelqu'un qui connaît l'imprudent, s'indigner : « Comment, vous connaissez cette horreur ? Elle a une façon de vous regarder !… En voilà des manières ! »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 298

[…] on peut les entendre, pour peu qu'un autre qui ne leur plaît pas les regarde, dire : « Monsieur, pour qui me prenez-vous ? (simplement parce qu'on les prend pour ce qu'ils sont) je ne vous comprends pas, inutile d'insister, vous faites erreur », aller au besoin jusqu'aux gifles, et devant quelqu'un qui connaît l'imprudent, s'indigner : « Comment, vous connaissez cette horreur ? Elle a une façon de vous regarder !… En voilà des manières ! »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 298

[…] on peut les entendre, pour peu qu'un autre qui ne leur plaît pas les regarde, dire : « Monsieur, pour qui me prenez-vous ? (simplement parce qu'on les prend pour ce qu'ils sont) je ne vous comprends pas, inutile d'insister, vous faites erreur », aller au besoin jusqu'aux gifles, et devant quelqu'un qui connaît l'imprudent, s'indigner : « Comment, vous connaissez cette horreur ? Elle a une façon de vous regarder !… En voilà des manières ! »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 298

[…] on peut les entendre, pour peu qu'un autre qui ne leur plaît pas les regarde, dire : « Monsieur, pour qui me prenez-vous ? (simplement parce qu'on les prend pour ce qu'ils sont) je ne vous comprends pas, inutile d'insister, vous faites erreur », aller au besoin jusqu'aux gifles, et devant quelqu'un qui connaît l'imprudent, s'indigner : « Comment, vous connaissez cette horreur ? Elle a une façon de vous regarder !… En voilà des manières ! »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 298

[…] on peut les entendre, pour peu qu'un autre qui ne leur plaît pas les regarde, dire : « Monsieur, pour qui me prenez-vous ? (simplement parce qu'on les prend pour ce qu'ils sont) je ne vous comprends pas, inutile d'insister, vous faites erreur », aller au besoin jusqu'aux gifles, et devant quelqu'un qui connaît l'imprudent, s'indigner : « Comment, vous connaissez cette horreur ? Elle a une façon de vous regarder !… En voilà des manières ! »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 298

- Je croyais, dit l'universitaire, en jetant autour de lui ce qui lui restait de regard et en souriant de ses lèvres minces, que si vous étiez attardé à Graincourt, c'est que vous aviez rencontré quelque péripatéticienne. — Voulez-vous vous taire, si ma femme vous entendait, dit le professeur. La femme à moâ, il est jalouse. — Ah! ce Brichot, s'écria Ski en qui l'égrillarde plaisanterie de Brichot éveillait la gaieté de tradition, il est toujours le même; bien qu'il ne sût pas à vrai dire si l'universitaire avait jamais été polisson.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 300

- Je croyais, dit l'universitaire, en jetant autour de lui ce qui lui restait de regard et en souriant de ses lèvres minces, que si vous étiez attardé à Graincourt, c'est que vous aviez rencontré quelque péripatéticienne. — Voulez-vous vous taire, si ma femme vous entendait, dit le professeur. La femme à moâ, il est jalouse. — Ah! ce Brichot, s'écria Ski en qui l'égrillarde plaisanterie de Brichot éveillait la gaieté de tradition, il est toujours le même, bien qu'il ne sût pas à vrai dire si l'universitaire avait jamais été polisson.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 300

- Je croyais, dit l'universitaire, en jetant autour de lui ce qui lui restait de regard et en souriant de ses lèvres minces, que si vous étiez attardé à Graincourt, c'est que vous aviez rencontré quelque péripatéticienne. — Voulez-vous vous taire, si ma femme vous entendait, dit le professeur. La femme à moâ, il est jalouse. — Ah! ce Brichot, s'écria Ski en qui l'égrillarde plaisanterie de Brichot éveillait la gaieté de tradition, il est toujours le même, bien qu'il ne sût pas à vrai dire si l'universitaire avait jamais été polisson. Et pour ajouter à ces paroles consacrées le geste rituel, il fit mine de ne pouvoir résister au désir de lui pincer la jambe. « Il ne change pas, ce gaillard-là », continua Ski […]
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 300

« Vous chassez beaucoup, monsieur ? dit Mme Verdurin avec mépris à M. de Cambremer. […] — Je chasse surtout dans la forêt de Chantepie, répondit M. de Cambremer. […] — Mérite-t-elle son nom ? » demanda Brichot à M. de Cambremer […] « C'est sans doute que je ne suis pas capable de comprendre, mais je ne saisis pas votre question, dit M. de Cambremer — Je veux dire : Est-ce qu'il y chante beaucoup de pies » répondit Brichot.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 300

« Vous chassez beaucoup, monsieur ? dit Mme Verdurin avec mépris à M. de Cambremer. […] — Je chasse surtout dans la forêt de Chantepie, répondit M. de Cambremer. […] — Mérite-t-elle son nom ? » demanda Brichot à M. de Cambremer […] « C'est sans doute que je ne suis pas capable de comprendre, mais je ne saisis pas votre question, dit M. de Cambremer — Je veux dire : Est-ce qu'il y chante beaucoup de pies » répondit Brichot.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 300

— Je croyais », dit l'universitaire en jetant autour de lui ce qui lui restait de regard et en souriant de ses lèvres minces, » que si vous vous étiez attardé à Graincourt, c'est que vous aviez rencontré quelque péripatéticienne. — Voulez-vous vous taire ? si ma femme vous entendait ! dit le professeur. La femme à moâ, il est jalouse.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 300

— Je croyais », dit l'universitaire en jetant autour de lui ce qui lui restait de regard et en souriant de ses lèvres minces, » que si vous vous étiez attardé à Graincourt, c'est que vous aviez rencontré quelque péripatéticienne. — Voulez-vous vous taire ? si ma femme vous entendait ! dit le professeur. La femme à moâ, il est jalouse.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 300

"Vous n'ignorez pas, Madame, que beaucoup de régions forestières tirent leur nom des animaux qui les peuplent. A côté de la forêt de Chantepie, vous avez le bois de Chantereine. — Je ne sais pas de quelle reine il s'agit, mais vous n'êtes pas galant pour elle, dit M. de Cambremer. — Attrapez, Chochotte, dit Mme Verdurin.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 302

« Ah ! eh bien, l'auteur, comment dirais-je, de cette géographie, de ce glossaire, épilogue longuement sur le nom d'une petite localité dont nous étions autrefois, si je puis dire, les seigneurs, et qui se nomme Pont-à-Couleuvre. […] »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 303

Certes l'écrivain dont vous parlez connaît à fond son sujet, il a écrit un livre remarquable. — Voire ! s'exclama Mme de Cambremer, ce livre, c'est bien le cas de le dire, est un véritable travail de bénédictin…
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 303

"Je ne peux pas vous dire comme ça m'amuse d'apprendre que vous avez des étouffements", me jeta-t-il à travers la table. Il ne voulait pas dire par cela que cela l'égayait, bien que ce fut vrai aussi. Car cet homme excellent ne pouvait cependant pas entendre parler du malheur d'autrui sans un sentiment de bien-être et un spasme d'hilarité qui faisaient vite place à la pitié d'un bon cœur. Mais sa phrase avait un autre sens que précisa celle qui la suivit: "Ça m'amuse, me dit-il, parce que justement ma sœur en a aussi". En somme cela l'amusait comme s'il m'avait entendu citer comme un de mes amis quelqu'un qui eût fréquenté beaucoup chez eux. "Comme le monde est petit", fut la réflexion qu'il formula mentalement et que je vis écrite sur son visage souriant quand Cottard me parla de mes étouffements.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 304

« Je ne peux pas vous dire comme ça m'amuse d'apprendre que vous avez des étouffements », me jeta-t-il à travers la table. Il ne voulait pas dire par cela que cela l'égayait, bien que ce fût vrai aussi. […]
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 304

« Je ne peux pas vous dire comme ça m'amuse d'apprendre que vous avez des étouffements », me jeta-t-il à travers la table. Il ne voulait pas dire par cela que cela l'égayait, bien que ce fût vrai aussi. […]
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 304

J'aime mieux vous prévenir », dit sèchement Mme Verdurin […] Ce n'est pas de la musiquette qu'on fait ici. […] »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 305

Je ne sais pas si ces parchemins sont plus ou moins anciens que ceux du barron. — Ne vous montez pas le bourrichon, c'est une bien pauvre couronne », répondit Ski à mi-voix […]
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 309

"Mais vous nous aviez toujours caché que vous fréquentiez les matinées de l'Odéon, Saniette?" Tremblant comme une recrue devant un sergent tourmenteur, Saniette répondit, en donnant à sa phrase les plus petites dimensions qu'il put afin qu'elle eût plus de chance d'échapper aux coups: "Une fois, à La Chercheuse. — Qu'est-ce qu'il dit", hurla M. Verdurin, d'un air à la fois écœuré et furieux, en fronçant les sourcils comme s'il n'avait pas assez de toute son attention pour comprendre quelque chose d'inintelligible.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 310

« J'étais à la Ch… — Che, che, che, tâchez de parler clairement, dit M. Verdurin, je ne vous entends même pas. […] « Voyons, ce n'est pas de sa faute, dit Mme Verdurin. — Ce n'est pas de la mienne non plus, on ne dîne pas en ville quand on ne peut plus articuler. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 311

« J'étais à la Ch. — Che, che, che, tâchez de parler clairement, dit M. Verdurin, je ne vous entends même pas. » […] « Voyons, ce n'est pas de sa faute, dit Mme Verdurin. — Ce n'est pas la mienne non plus, on ne dîne pas en ville quand on ne peut plus articuler. — J'étais à 'La Chercheuse d'esprit' de Favart.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 311

Mais comment diable connaissez-vous un tel ?
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 312

Voyons, dites qui jouait ça, on vous donnera de la galantine à emporter", dit Mme Verdurin, faisant une méchante allusion à la ruine où Saniette s'était précipité lui-même en voulant en tirer un ménage de ses amis." Je me rappelle seulement que c'était Mme Samary qui faisait la Zerbine, dit Saniette. — La Zerbine? Qu'est-ce que c'est que ça, cria M. Verdurin comme s'il y avait le feu. — C'est un emploi de vieux répertoire, voir le Capitaine Fracasse, comme qui dirait le Tranche Montagne, le Pédant — Ah! le pédant, c'est vous. La Zerbine ! Non, mais il est toqué », s'écria M. Verdurin.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 312

Voyons, dites qui jouait ça, on vous donnera de la galantine à emporter", dit Mme Verdurin, faisant une méchante allusion à la ruine où Saniette s'était précipité lui-même en voulant en tirer un ménage de ses amis." Je me rappelle seulement que c'était Mme Samary qui faisait la Zerbine, dit Saniette. — La Zerbine? Qu'est-ce que c'est que ça, cria M. Verdurin comme s'il y avait le feu. — C'est un emploi de vieux répertoire, voir le Capitaine Fracasse, comme qui dirait le Tranche Montagne, le Pédant — Ah! le pédant, c'est vous. La Zerbine ! Non, mais il est toqué », s'écria M. Verdurin.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 313

— Il restitue la grâce du XVIIIe, mais moderne, dit précipitamment Saniette, tonifié et remis en selle par mon amabilité. Mais j'aime mieux Heulleu. — Il n'y a aucun rapport avec Heulleu, dit Mme Verdurin. — Si, c'est du XVIIIe siècle fébrile. C'est un Watteau à vapeur, et il se mit à rire. — Oh ! connu, archiconnu, il y a des années qu'on me le ressert, dit M. Verdurin à qui en effet Ski l'avait raconté autrefois, mais comme fait par lui-même.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 315

[…] je crois que sa [=d'Elstir] femme et lui sont très bien faits pour aller ensemble. Dieu sait que je ne connais pas de créature plus ennuyeuse sur la terre et que je deviendrais enragée s'il me fallait passer deux heures avec elle. Mais on dit qu'il la trouve très intelligente. C'est qu'il faut bien l'avouer, notre Tiche était surtout excessivement bête !
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 316

C'est avec le salon Verdurin qu'Elstir avait rompu ; et il s'en félicitait comme les convertis bénissent la maladie ou le revers qui les a jetés dans la retraite et leur fait connaître la voie du salut. « Il est magnifique, le professeur, dit-elle. Déclarez plutôt que mon salon est une maison de rendez-vous. Mais on dirait que vous ne savez pas ce que c'est que Mme Elstir. J'aimerais mieux recevoir la dernière des filles ! Ah ! non, je ne mange pas de ce pain-là. […] »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 316

C'est avec le salon Verdurin qu'Elstir avait rompu ; et il s'en félicitait comme les convertis bénissent la maladie ou le revers qui les a jetés dans la retraite et leur fait connaître la voie du salut. « Il est magnifique, le professeur, dit-elle. Déclarez plutôt que mon salon est une maison de rendez-vous. Mais on dirait que vous ne savez pas ce que c'est que Mme Elstir. J'aimerais mieux recevoir la dernière des filles ! Ah ! non, je ne mange pas de ce pain-là. […] »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 316

C'est avec le salon Verdurin qu'Elstir avait rompu ; et il s'en félicitait comme les convertis bénissent la maladie ou le revers qui les a jetés dans la retraite et leur fait connaître la voie du salut. « Il est magnifique, le professeur, dit-elle. Déclarez plutôt que mon salon est une maison de rendez-vous. Mais on dirait que vous ne savez pas ce que c'est que Mme Elstir. J'aimerais mieux recevoir la dernière des filles ! Ah ! non, je ne mange pas de ce pain-là. […] »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 316

C'est avec le salon Verdurin qu'Elstir avait rompu ; et il s'en félicitait comme les convertis bénissent la maladie ou le revers qui les a jetés dans la retraite et leur fait connaître la voie du salut. « Il est magnifique, le professeur, dit-elle. Déclarez plutôt que mon salon est une maison de rendez-vous. Mais on dirait que vous ne savez pas ce que c'est que Mme Elstir. J'aimerais mieux recevoir la dernière des filles ! Ah ! non, je ne mange pas de ce pain-là. […] »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 316

[…] Brichot n'en est pas, Morel en est, ma femme en est, je sens que vous en êtes. — Qu'alliez-vous me dire ? » interrompit M. de Charlus qui commençait à être rassuré sur ce que voulait signifier M. Verdurin […] « Nous vous avons mis seulement à gauche [à table] », répondit M. Verdurin. M. de Charlus, avec un sourire compréhensif, bonhomme et insolent, répondit : « Mais voyons ! Cela n'a aucune importance, 'ici' ! » […] « Mais, expliqua M. Verdurin blessé, c'est à dessein. Je n'attache aucune importance aux titres de noblesse. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 317

[…] Brichot n'en est pas, Morel en est, ma femme en est, je sens que vous en êtes. — Qu'alliez-vous me dire ? » interrompit M. de Charlus qui commençait à être rassuré sur ce que voulait signifier M. Verdurin […] « Nous vous avons mis seulement à gauche[à table] », répondit M. Verdurin. M. de Charlus, avec un sourire compréhensif, bonhomme et insolent, répondit : « Mais voyons ! Cela n'a aucune importance, 'ici' ! » […] « Mais, expliqua M. Verdurin blessé, c'est à dessein. Je n'attache aucune importance aux titres de noblesse. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 317

[…] Brichot n'en est pas, Morel en est, ma femme en est, je sens que vous en êtes. — Qu'alliez-vous me dire ? » interrompit M. de Charlus qui commençait à être rassuré sur ce que voulait signifier M. Verdurin […] « Nous vous avons mis seulement à gauche [à table] », répondit M. Verdurin. M. de Charlus, avec un sourire compréhensif, bonhomme et insolent, répondit : « Mais voyons ! Cela n'a aucune importance, 'ici' ! » […] « Mais, expliqua M. Verdurin blessé, c'est à dessein. Je n'attache aucune importance aux titres de noblesse. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 317

[À la table des Verdurin, Charlus a été placé "seulement à gauche" et M. de Cambremer à droite.] « Mais enfin puisqu'il y avait justement M. de Cambremer et qu'il est marquis, comme vous n'êtes que baron. — Permettez, répondit M. de Charlus avec un air de hauteur, à M. Verdurin étonné, je suis aussi duc de Brabant, damoiseau de Montargis, prince d'Oléron, de Carency, de Viareggio et des Dunes. D'ailleurs cela ne fait absolument rien. Ne vous tourmentez pas » ajouta-t-il en reprenant son fin sourire, qui s'épanouit sur ces derniers mots : « J'ai tout de suite vu que vous n'aviez pas l'habitude. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 318

[À la table des Verdurin, Charlus a été placé "seulement à gauche" et M. de Cambremer à droite.] « Mais enfin puisqu'il y avait justement M. de Cambremer et qu'il est marquis, comme vous n'êtes que baron. — Permettez, répondit M. de Charlus avec un air de hauteur, à M. Verdurin étonné, je suis aussi duc de Brabant, damoiseau de Montargis, prince d'Oléron, de Carency, de Viareggio et des Dunes. D'ailleurs cela ne fait absolument rien. Ne vous tourmentez pas » ajouta-t-il en reprenant son fin sourire, qui s'épanouit sur ces derniers mots : « J'ai tout de suite vu que vous n'aviez pas l'habitude. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 318

Le ton astucieusement véhément de cette protestation avait déjà quelque chose de fort "Guermantes", qui s'accusa davantage dans le geste impératif, inutile et familier avec lequel M. de Charlus pesa de ses deux mains et comme pour le forcer à se rasseoir, sur les épaules de M. de Cambremer, qui ne s'était pas levé : « Ah ! voyons, mon cher, insista le baron, il ne manquerait plus que ça ! Il n'y a pas de raison ! De notre temps on réserve ça aux princes du sang. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 319

Tout près de nous, M. de Cambremer qui était déjà assis esquissa, en voyant M. de Charlus debout, le mouvement de se lever et de lui donner sa chaise. Cette offre ne correspondait peut-être dans la pensée du marquis qu'à une intention de vague politesse. M. de Charlus préféra y attacher la signification d'un devoir que le simple gentilhomme savait qu'il avait à rendre à un prince, et ne crut pas pouvoir mieux établir son droit à cette préséance qu'en la déclinant. Aussi s'écria-t-il : " Mais comment donc ! Je vous en prie ! Par exemple ! " Le ton astucieusement véhément de cette protestation avait déjà quelque chose de fort "Guermantes" qui s'accusa davantage dans le geste impératif, inutile et familier avec lequel M. de Charlus pesa de ses deux mains et comme pour le forcer à se rasseoir, sur les épaules de M. de Cambremer qui ne s'était pas levé: "Ah ! voyons, mon cher, insista le Baron, il ne manquerait plus que ça ! Il n'y a pas de raison ! de notre temps on réserve ça aux princes du sang."
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 319

Tout près de nous, M. de Cambremer qui était déjà assis esquissa, en voyant M. de Charlus debout, le mouvement de se lever et de lui donner sa chaise. Cette offre ne correspondait peut-être dans la pensée du marquis qu'à une intention de vague politesse. M. de Charlus préféra y attacher la signification d'un devoir que le simple gentilhomme savait qu'il avait à rendre à un prince, et ne crut pas pouvoir mieux établir son droit à cette préséance qu'en la déclinant. Aussi s'écria-t-il : " Mais comment donc ! Je vous prie ! Par exemple ! " Le ton astucieusement véhément de cette protestation avait déjà quelque chose de fort "Guermantes" qui s'accusa davantage dans le geste impératif, inutile et familier avec lequel M. de Charlus pesa de ses deux mains et comme pour le forcer à se rasseoir, sur les épaules de M. de Cambremer qui ne s'était pas levé: "Ah ! voyons, mon cher, insista le Baron, il ne manquerait plus que ça ! Il n'y a pas de raison ! de notre temps on réserve ça aux princes du sang."
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 319

Tout près de nous, M. de Cambremer qui était déjà assis esquissa, en voyant M. de Charlus debout, le mouvement de se lever et de lui donner sa chaise. Cette offre ne correspondait peut-être dans la pensée du marquis qu'à une intention de vague politesse. M. de Charlus préféra y attacher la signification d'un devoir que le simple gentilhomme savait qu'il avait à rendre à un prince, et ne crut pas pouvoir mieux établir son droit à cette préséance qu'en la déclinant. Aussi s'écria-t-il : " Mais comment donc ! Je vous en prie ! Par exemple ! " Le ton astucieusement véhément de cette protestation avait déjà quelque chose de fort "Guermantes" qui s'accusa davantage dans le geste impératif, inutile et familier avec lequel M. de Charlus pesa de ses deux mains et comme pour le forcer à se rasseoir, sur les épaules de M. de Cambremer qui ne s'était pas levé: "Ah ! voyons, mon cher, insista le Baron, il ne manquerait plus que ça ! Il n'y a pas de raison ! de notre temps on réserve ça aux princes du sang."
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 319

Tout près de nous, M. de Cambremer qui était déjà assis, esquissa, en voyant M. de Charlus debout, le mouvement de se lever et de lui donner sa chaise. Cette offre ne correspondait peut-être dans la pensée du marquis qu'à une intention de vague politesse. M. de Charlus préféra y attacher la signification d'un devoir que le simple gentilhomme savait qu'il avait à rendre à un prince, et ne crut pas pouvoir mieux établir son droit à cette préséance qu'en la déclinant. Aussi s'écria-t-il: "Mais comment donc! Je vous prie! Par exemple!" Le ton astucieusement véhément de cette protestation avait déjà quelque chose de fort "Guermantes" qui s'accusa davantage dans le geste impératif, inutile et familier avec lequel M. de Charlus pesa de ses deux mains et comme pour le forcer à se rasseoir, sur les épaules de M. de Cambremer qui ne s'était pas levé: "Ah! voyons, mon cher, insista le Baron, il ne manquerait plus que ça! Il n'y a pas de raison! de notre temps on réserve ça aux princes du sang."
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 319

Je ne vous citerai pas l'empereur Guillaume qui à Kiel n'a jamais cessé de me donner du monseigneur. J'ai ouï dire qu'il appelait ainsi tous les ducs français, ce qui est abusif, et ce qui est peut-être simplement une délicate attention qui, par-dessus notre tête, vise la France. — Délicate et plus ou moins sincère, dit M. de Cambremer. — Ah ! je ne suis pas de votre avis. […] Je crois le penchant que porte l'empereur vers nous profondément sincère.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 322

Je ne vous citerai pas l'empereur Guillaume qui à Kiel n'a jamais cessé de me donner du monseigneur. J'ai ouï dire qu'il appelait ainsi tous les ducs français, ce qui est abusif, et ce qui est peut-être simplement une délicate attention qui, par-dessus notre tête, vise la France. — Délicate et plus ou moins sincère, dit M. de Cambremer. — Ah ! je ne suis pas de votre avis. […] Je crois le penchant que porte l'empereur vers nous profondément sincère.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 322

Mais que voulez-vous, l'histoire est l'histoire, nous n'y pouvons rien et il ne dépend pas de nous de la refaire.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 322

« J'ai fait observer à mon frère que ce n'est pas dans la troisième partie du Gotha, mais dans la deuxième, pour ne pas dire dans la première, que la notice sur notre famille devrait se trouver », dit-il sans se rendre compte que Morel ne savait pas ce qu'était le Gotha… « Mais c'est lui que ça regarde, il est mon chef d'armes et du moment qu'il le trouve bon ainsi et qu'il laisse passer la chose, je n'ai qu'à fermer les yeux… »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 323

« J'ai fait observer à mon frère que ce n'est pas dans la troisième partie du Gotha, mais dans la deuxième, pour ne pas dire dans la première, que la notice sur notre famille devrait se trouver », dit-il sans se rendre compte que Morel ne savait pas ce qu'était le Gotha… « Mais c'est lui que ça regarde, il est mon chef d'armes et du moment qu'il le trouve bon ainsi et qu'il laisse passer la chose, je n'ai qu'à fermer les yeux… »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 323

Faut-il que l'empereur ait confiance en notre délicatesse pour avoir osé permettre un pareil procès ! Mais d'ailleurs il ne s'est pas trompé en ayant eu foi en notre discrétion.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 323

Que de fois il m'est arrivé, lisant avec une certaine émotion un conte habilement filé par un académicien disert et un peu vieillot, d'être sur le point de dire à Bloch ou à Mme de Guermantes : « Comme c'est joli ! » quand, avant que j'eusse ouvert la bouche, ils s'écriaient chacun dans un langage différent : « Si vous voulez passer un bon moment, lisez un conte de un tel. La stupidité humaine n'a jamais été aussi loin. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 324

Je fus aussi surpris de voir l'ironie que cachait l'amabilité apparente des Verdurin pour Brichot que d'entendre quelques jours plus tard à Féterne les Cambremer me dire, devant l'éloge enthousiaste que je faisais de la Raspelière: "Ce n'est pas possible que vous soyiez sincère, après ce qu'ils en ont fait". Il est vrai qu'ils avouèrent que la vaisselle était belle. Pas plus que les choquants brise-bise, je ne l'avais vue.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 325

Je fus aussi surpris de voir l'ironie que cachait l'amabilité apparente des Verdurin pour Brichot que d'entendre quelques jours plus tard à Féterne les Cambremer me dire, devant l'éloge enthousiaste que je faisais de la Raspelière: "Ce n'est pas possible que vous soyiez sincère, après ce qu'ils en ont fait". Il est vrai qu'ils avouèrent que la vaisselle était belle. Pas plus que les choquants brise-bise, je ne l'avais vue.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 325

Et puis, après tout, si il se froisse, qu'il ne revienne pas, moi ce n'est pas mon affaire, quand on a besoin des autres on tâche de ne pas être aussi idiot.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 326

Mœcenas atavis edite regibus ! dit Brichot en s'adressant à M. de Charlus qui répondit par une légère inclinaison de tête à cette politesse. "Qu'est-ce que vous dites? demanda Mme Verdurin à Brichot envers qui elle aurait voulu tâcher de réparer ses paroles de tout à l'heure. — Je parlais, Dieu m'en pardonne, d'un dandy qui était la fleur du gratin […] environ le siècle d'Auguste […]
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 327

— Je veux savoir ce que vous disiez de Mécène. Ça m'amuse, moi, na ! » redit Mme Verdurin à Brichot […]
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 329

— Je veux savoir ce que vous disiez de Mécène. Ça m'amuse, moi, na ! » redit Mme Verdurin à Brichot […]
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 329

Le morceau fini, je me permis de réclamer du Franck, ce qui eut l'air de faire tellement souffrir Mme de Cambremer que je n'insistai pas. « Vous ne pouvez pas aimer cela », me dit-elle. Elle demanda à la place 'Fêtes' de Debussy, ce qui fit crier : « Ah ! c'est sublime ! » dès la première note.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 329

"Je vous ai dit, lui répondis-je, que Mme de Cambremer était la sœur d'un ingénieur, M. Legrandin. Je ne vous ai jamais parlé de M. de Charlus. Il y a autant de rapport de naissance entre lui et Mme de Cambremer qu'entre le Grand Condé et Racine. — Ah! je croyais" dit Ski légèrement sans plus s'excuser de son erreur que quelques heures avant de celle qui avait failli nous faire manquer le train.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 331

— […] J'ai trop négligé depuis quelque temps l'archange saint Michel, mon patron, et je voudrais le dédommager en restant jusqu'à sa fête, le 29 septembre, à l'abbaye du Mont. — Ça vous intéresse beaucoup, ces affaires-là ? » demanda Mme Verdurin, qui eût peut-être réussi à faire taire son anticléricalisme blessé si elle n'avait craint qu'une excursion aussi longue ne fit « lâcher » pendant quarante-huit heures le violoniste et le baron.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 331

« Est-ce que vous comptez rester longtemps sur la côte ? » demanda Mme Verdurin à M. de Charlus, en qui elle pressentait un fidèle et qu'elle tremblait de voir rentrer trop tôt à Paris. « Mon Dieu, on ne sait jamais, répondit d'un ton nasillard et traînant M. de Charlus. — Vous avez raison, dit Mme Verdurin ; c'est le moment des belles tempêtes. — À bien dire vrai ce n'est pas ce qui me déterminerait. […] »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 331

« Est-ce que vous comptez rester longtemps sur la côte ? » demanda Mme Verdurin à M. de Charlus, en qui elle pressentait un fidèle et qu'elle tremblait de voir rentrer trop tôt à Paris. « Mon Dieu, on ne sait jamais, répondit d'un ton nasillard et traînant M. de Charlus. — Vous avez raison, dit Mme Verdurin ; c'est le moment des belles tempêtes. — À bien dire vrai ce n'est pas ce qui me déterminerait. […] »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 331

Saniette appelé pour faire le mort déclara qu'il ne savait pas jouer au whist. Et Cottard voyant qu'il n'y avait plus grand temps avant l'heure du train, se mit tout de suite à faire une partie d'écarté avec Morel. […] "A vous l'honneur, dit Cottard.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 332

[…] quand Cottard était à peine connu, si on parlait à M. Verdurin des névralgies faciales de sa femme : « Il n'y a rien à faire », disait-il avec l'amour-propre naïf des gens qui croient que ce qu'ils connaissent est illustre et que tout le monde connaît le nom du professeur de chant de leur fille. « Si elle avait un médecin de second ordre on pourrait chercher un autre traitement, mais quand ce médecin s'appelle Cottard (nom qu'il prononçait comme si c'eût été Bouchard ou Charcot) il n'y a qu'à tirer l'échelle. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 333

[…] quand Cottard était à peine connu, si on parlait à M. Verdurin des névralgies faciales de sa femme : « Il n'y a rien à faire », disait-il avec l'amour-propre naïf des gens qui croient que ce qu'ils connaissent est illustre et que tout le monde connaît le nom du professeur de chant de leur fille. « Si elle avait un médecin de second ordre on pourrait chercher un autre traitement, mais quand ce médecin s'appelle Cottard (nom qu'il prononçait comme si c'eût été Bouchard ou Charcot) il n'y a qu'à tirer l'échelle. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 333

Ce nom, murmuré d'un air modeste, trompa M. de Cambremer qui crut qu'il s'agissait d'un autre. « Cottard ? vous ne parlez pas du professeur Cottard ? » […] — Ah ! si, justement, il est professeur, dit M. Verdurin. — Quoi ! le professeur Cottard ! Vous ne vous trompez pas ! Vous êtes bien sûr que c'est le même ! celui qui habite rue du Bac — Oui, il demeure rue du Bac, 43. Vous le connaissez ? — Mais tout le monde connaît le professeur Cottard. C'est une sommité ! […]
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 333

Ce nom, murmuré d'un air modeste, trompa M. de Cambremer qui crut qu'il s'agissait d'un autre. « Cottard ? vous ne parlez pas du professeur Cottard ? » […] — Ah ! si, justement, il est professeur, dit M. Verdurin. — Quoi ! le professeur Cottard ! Vous ne vous trompez pas ! Vous êtes bien sûr que c'est le même ! celui qui habite rue du Bac — Oui, il demeure rue du Bac, 43. Vous le connaissez ? — Mais tout le monde connaît le professeur Cottard. C'est une sommité ! […]
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 333

On entendait précisément la voix dudit professeur qui embarrassé par un coup [au whist], disait en tenant ses cartes: "C'est ici que les Athéniens s'atteignirent."
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 333

[…] Cottard se décidant à jouer atout, prit un air sombre, « cerveau brulé », et par allusion à ceux qui risquent leur peau, joua sa carte comme si c'eût été sa vie, en s'écriant : « Après tout, je m'en fiche ! »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 334

« On ne se figure pas qu'on ne dort pas, promulgua-t-il d'un ton dogmatique. — Ah ! répondit en s'inclinant respectueusement le marquis, comme eût fait Cottard jadis. — On voit bien, reprit Cottard, que vous n'avez pas comme moi administré jusqu'à deux grammes de trional sans arriver à provoquer la somnescence. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 334

— […] Quand on a chassé toute la nuit comme moi dans la forêt de Chantepie, je vous assure qu'on n'a pas besoin de trional pour dormir. — Ce sont les ignorants qui disent cela, répondit le professeur. […] Vous parlez de trional, savez-vous seulement ce que c'est ? — Mais. j'ai entendu dire que c'était un médicament pour dormir. — Vous ne répondez pas à ma question », reprit doctoralement le professeur qui, trois fois par semaine, à la Faculté, était « d'examen ». « Je ne vous demande pas si ça fait dormir ou non, mais ce que c'est. Pouvez-vous me dire ce qu'il contient de parties d'amyle et d'éthyle ? »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 335

— […] Quand on a chassé toute la nuit comme moi dans la forêt de Chantepie, je vous assure qu'on n'a pas besoin de trional pour dormir. — Ce sont les ignorants qui disent cela, répondit le professeur. […] Vous parlez de trional, savez-vous seulement ce que c'est ? — Mais. j'ai entendu dire que c'était un médicament pour dormir. — Vous ne répondez pas à ma question », reprit doctoralement le professeur qui, trois fois par semaine, à la Faculté, était « d'examen ». « Je ne vous demande pas si ça fait dormir ou non, mais ce que c'est. Pouvez-vous me dire ce qu'il contient de parties d'amyle et d'éthyle ? »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 335

Allons, Léontine, en avant… harche ! il est temps de partir. » Ce n'était pas vrai car le docteur allait seulement continuer sa partie de cartes, mais il espérait contrarier ainsi de façon plus brusque le sommeil de la muette à laquelle il adressait sans plus recevoir de réponse les plus savantes exhortations. Soit qu'une volonté de résistance à dormir persistât chez Mme Cottard, même dans l'état de sommeil, […]
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 335

Voyons, Léontine, bouge-toi, tu t'ankyloses, est-ce que je dors après dîner, moi ? qu'est-ce que tu feras à soixante ans si tu dors maintenant comme une vieille ? Tu vas prendre de l'embonpoint, tu t'arrêtes la circulation… Elle ne m'entend même plus. — C'est mauvais pour la santé, ces petits sommes après dîner, n'est-ce pas, docteur ? dit M. de Cambremer […]
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 335

Voyons, Léontine, bouge-toi, tu t'ankyloses, est-ce que je dors après dîner, moi ? qu'est-ce que tu feras à soixante ans si tu dors maintenant comme une vieille ? Tu vas prendre de l'embonpoint, tu t'arrêtes la circulation… Elle ne m'entend même plus. — C'est mauvais pour la santé, ces petits sommes après dîner, n'est-ce pas, docteur ? dit M. de Cambremer […]
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 335

[Mme Cottard s'était assoupie. Elle se réveille.] « Mon bain était bien comme chaleur, murmura-t-elle, mais les plumes du dictionnaire… s'écria-t-elle en se redressant. Oh ! mon Dieu, que je suis sotte ! Qu'est-ce que je dis ? je pensais à mon chapeau, j'ai dû dire une bêtise, un peu plus j'allais m'assoupir, c'est ce maudit feu. » Tout le monde se mit à rire car il n'y avait pas de feu.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 336

[Partie de whist.] — Atout, pour voir, dit le violoniste.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 336

Aussi Cottard pour moi, vous savez, ajouta-t-elle d'un ton grave et presque menaçant en levant la main vers les deux sphères aux mèches blanches de ses tempes musicales et comme si nous avions voulu toucher au docteur, c'est sacré ! Il pourrait demander tout ce qu'il voudrait. Du reste, je ne l'appelle pas le docteur Cottard, je l'appelle le docteur Dieu !
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 336

Aussi Cottard pour moi, vous savez, ajouta-t-elle d'un ton grave et presque menaçant en levant la main vers les deux sphères aux mèches blanches de ses tempes musicales et comme si nous avions voulu toucher au docteur, c'est sacré! Il pourrait demander tout ce qu'il voudrait. Du reste, je ne l'appelle pas le Docteur Cottard, je l'appelle le Docteur Dieu!
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 336

— Mon arrière grand-mère était une d'Arrachepel ou de Rachepel, comme vous voudrez, car on trouve les deux noms dans les vieilles chartes […]
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 337

Qu'est-ce que c'est que cette affaire-là avec ces piquets, demanda Mme Verdurin en montrant à M. de Cambremer un superbe écusson sculpté au-dessus de la cheminée? Ce sont vos armes? ajouta-t-elle avec un dédain ironique. — Non, ce ne sont pas les nôtres, répondit M. de Cambremer. Nous portons d'or à trois fasces bretèchées et contrebretèchées de gueules à cinq pièces chacune chargée d'un trèfle d'or. Non, celles-là ce sont celles des d'Arrachepel, qui n'étaient pas de notre estoc, mais de qui nous avons hérité la maison, et jamais ceux de notre lignage n'ont rien voulu y changer. Les Arrachepel (jadis Pelvilain, dit-on) portaient d'or à cinq pieux épointés de gueules. Quand ils s'allièrent aux Féterne leur écu changea mais resta cantonné de vingt croisettes recroisettées au pieu péri fiché d'or avec à droite un vol d'hermine. — Attrape, dit tout bas Mme de Cambremer.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 337

— Ce jeune homme est tonnant, interrompit naïvement M. de Charlus, en montrant Morel. Il joue [au whist] comme un dieu. » Cette réflexion ne plut pas beaucoup au docteur qui répondit « Qui vivra verra. À roublard, roublard et demi. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 338

Comment, vous avez repris trois kilos en deux mois ? Savez-vous que c'est très beau !
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 339

Comment, vous avez repris trois kilos en deux mois ? Savez-vous que c'est très beau !
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 339

« Dites donc, Charlus, dit Mme Verdurin, qui commençait à se familiariser, vous n'auriez pas dans votre faubourg quelque vieux noble ruiné qui pourrait me servir de concierge ? — Mais si, mais si, répondit M. de Charlus en souriant d'un air bonhomme, mais je ne vous le conseille pas. — Pourquoi ? — Je craindrais pour vous que les visiteurs élégants n'allassent pas plus loin que la loge. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 341

"D'ailleurs, me dit elle, en attendant le dîner Cambremer, pourquoi ne l'amèneriez-vous pas ici, votre cousine? aime-t-elle la conversation, les gens intelligents? Est-elle agréable? Oui, eh! bien alors, très bien. Venez avec elle. Il n'y a pas que les Cambremer au monde. Je comprends qu'ils soient heureux de l'inviter, ils ne peuvent arriver à avoir personne. Ici elle aura un bon air, toujours des hommes intelligents.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 342

"Si cela vous amuse de voir la maison qui n'est pas mal, jolie est trop dire, mais enfin amusante avec le vieux fossé, le vieux pont-levis, comme il faudra que je m'exécute et que j'y dîne une fois, hé bien! venez-y ce jour-là, je tâcherai d'amener tout mon petit cercle, alors ce sera gentil.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 342

[Charlus met le Narrateur en garde contre une invitation chez M. de Cambremer] — […] Mais du reste vous êtes nerveux, je crois… vous avez des étouffements. Hé bien ! vous verrez. Allez-y une fois, vous ne dormirez pas de huit jours. Non, ce n'est pas votre affaire. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 342

[Charlus met le Narrateur en garde contre une invitation chez M. de Cambremer] — Vous ferez ce que vous voudrez… Ce que je peux vous dire : c'est excessivement malsain ; quand vous aurez pincé une fluxion de poitrine, ou les bons petits rhumatismes des familles, vous serez bien avancé ?
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 342

« J'ai entendu tout à l'heure que M. de Cambremer vous invitait à dîner. Moi, vous comprenez, cela m'est égal. Mais dans votre intérêt, j'espère bien que vous n'irez pas. D'abord c'est infesté d'ennuyeux. […]»
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 342

Elle se dirigea vers moi: "J'ai entendu tout à l'heure que M. de Cambremer vous invitait à dîner. Moi, vous comprenez, cela m'est égal. Mais dans votre intérêt j'espère bien que vous n'irez pas. D'abord c'est infesté d'ennuyeux. Ah! si vous aimez à dîner avec des comtes et des marquis de province que personne ne connaît, vous serez servi à souhait.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 342

— Mais est-ce que l'endroit n'est pas très joli ? — Mmmmouiii… Si on veut. Moi j'avoue franchement que j'aime cent fois mieux la vue d'ici sur cette vallée.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 342

— Mais est-ce que l'endroit n'est pas très joli ? — Mmmmouiii… Si on veut. Moi j'avoue franchement que j'aime cent fois mieux la vue d'ici sur cette vallée.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 342

Hé bien! Je ne sais pas pourquoi, mais Swann chez moi, ça ne donnait pas, ça ne rendait rien. Et encore le peu qu'il valait il l'a pris ici." J'assurai qu'il était très intelligent. "Non, vous croyiez seulement cela parce que vous le connaissiez depuis moins longtemps que moi. Au fond on en avait très vite fait le tour. Moi, il m'assommait. (Traduction: il allait chez les La Trémoïlle et les Guermantes et savait que je n'y allais pas.)
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 344

Au moins, ici, vous aurez tous les deux à manger. A Féterne c'est la faim et la soif. Ah! par exemple, si vous aimez les rats, allez-y tout de suite, vous serez servi à souhait.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 345

Car j'ai habité autrefois tout près d'ici, quelque chose que j'avais déniché, que j'avais eu pour un morceau de pain et qui avait autrement de caractère que leur Raspelière. Je vous montrerai cela si nous nous promenons. Mais je reconnais que même ici, l'air est vraiment vivifiant. Encore que je ne veux pas trop en parler, les Parisiens n'auraient qu'à se mettre à aimer mon petit coin. Ça a toujours été ma chance.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 345

Demain Saniette va venir avoir sa petite crise de nerfs et de larmes. Pauvre homme ! il est très malade. Mais enfin ce n'est pas une raison pour qu'il tue les autres.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 346

Votre ami serait ici en pays de connaissance et ça l'amuserait peut-être de voir la maison. […] Enfin vous ferez comme vous voudrez, comme cela vous arrangera le mieux » conclut-elle sans insister pour ne pas avoir l'air de chercher à connaître de la noblesse, et parce que sa prétention était que le régime sous lequel elle faisait vivre les fidèles, la tyrannie, fût appelée liberté.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 346

Votre ami serait ici en pays de connaissance et ça l'amuserait peut-être de voir la maison. […] Enfin vous ferez comme vous voudrez, comme cela vous arrangera le mieux » conclut-elle sans insister pour ne pas avoir l'air de chercher à connaître de la noblesse, et parce que sa prétention était que le régime sous lequel elle faisait vivre les fidèles, la tyrannie, fût appelée liberté.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 346

Voyons, mon petit, calme-toi, tu sais bien que Cottard t'a dit que c'était mauvais pour ton foie.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 346

[aux cartes] « Si nous avons encore le temps, dit-il à Morel, je vous donne votre revanche. C'est à moi de faire… Ah ! non, voici les voitures, ce sera pour vendredi, et je vous montrerai un tour qui n'est pas dans une musette. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 347

On entendait de temps à autre la voix de Morel et celle de Cottard. "Vous avez de l'atout? — Yes. — Ah! vous en avez de bonnes, vous, dit à Morel, en réponse à sa question, M. de Cambremer, car il avait vu que le jeu du docteur était plein d'atout.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 347

« Adieu, mon petit Saniette, ne manquez pas de venir demain, vous savez que mon mari vous aime beaucoup. Il aime votre esprit, votre intelligence ; mais si, vous le savez bien, il aime prendre ders airs brusques, mais il ne peut pas se passer de vous voir. C'est toujours la première question qu'il me pose : "Est-ce que Saniette vient ? j'aime tant le voir !" — Je n'ai jamais dit ça ! », dit M. Verdurin à Saniette avec une franchise simulée qui semblait concilier parfaitement ce que disait la Patronne avec la façon dont il traitait Saniette […] »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 349

« Adieu, mon petit Saniette, ne manquez pas de venir demain, vous savez que mon mari vous aime beaucoup. Il aime votre esprit, votre intelligence ; mais si, vous le savez bien, il aime prendre des airs brusques, mais il ne peut pas se passer de vous voir. C'est toujours la première question qu'il me pose : "Est-ce que Saniette vient ? j'aime tant le voir !" — Je n'ai jamais dit ça ! », dit M. Verdurin à Saniette avec une franchise simulée qui semblait concilier parfaitement ce que disait la Patronne avec la façon dont il traitait Saniette. […] »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 349

Voyons, mon petit, calme-toi, tu sais bien que Cottard t'a dit que c'était mauvais pour ton foie.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 349

[…] peu de temps après Mme de Cambremer redisait Saint-Lou [=le nom de Saint-Loup, qu'elle prononçait auparavant Saint-Loupe], et son admirateur cessait également toute résistance, soit qu'elle l'eût chapitré, soit qu'il eût remarqué qu'elle ne faisait plus sonner la finale, et se fût dit que, pour qu'une femme de cette valeur, de cette énergie et de cette ambition eût cédé, il fallait que ce fût à bon escient.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 350

Mme de Cambremer aimait à faire aux autres des taquineries souvent fort impertinentes. Sitôt qu'elle s'attaquait de la sorte, soit à moi, soit à un autre, M. de Cambremer se mettait à regarder la victime en riant. […] Quant à l'intention même du rire, on ne sait trop si elle était aimable : « Ah ! gredin ! vous pouvez dire que vous êtes à envier. Vous êtes dans les faveurs d'une femme d'un rude esprit » ; ou rosse : […]
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 350

Mme de Cambremer aimait à faire aux autres des taquineries souvent fort impertinentes. Sitôt qu'elle s'attaquait de la sorte, soit à moi, soit à un autre, M. de Cambremer se mettait à regarder la victime en riant. […] Quant à l'intention même du rire, on ne sait trop si elle était aimable : […] ; ou cruellement complice : « Je n'ai pas à mettre mon petit grain de sel, mais vous voyez, je me tords de toutes les avanies qu'elle vous prodigue. Je rigole comme un bossu, donc j'approuve, moi le mari. Aussi, s'il vous prenait fantaisie de vous rebiffer, vous trouveriez à qui parler, mon petit monsieur. […] »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 350

« Je n'ai pas à mettre mon petit grain de sel, mais vous voyez, je me tords de toutes les avanies qu'elle vous prodigue. Je rigole comme un bossu, donc j'approuve, moi le mari. Aussi, s'il vous prenait fantaisie de vous rebiffer, vous trouveriez à qui parler, mon petit monsieur. […] »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 351

« Je n'ai pas à mettre mon petit grain de sel, mais vous voyez, je me tords de toutes les avanies qu'elle vous prodigue. Je rigole comme un bossu, donc j'approuve, moi le mari. Aussi, s'il vous prenait fantaisie de vous rebiffer, vous trouveriez à qui parler, mon petit monsieur. […] »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 351

« Prospérez, cher espoir d'une nation sainte », dit-il en se rappelant des vers de Racine, cités dans un tout autre sens. « Plaît-il ? » demanda le valet de pied peu au courant des classiques.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 358

Oui, malgré mon âge j'ai gardé le goût de bibeloter, le goût des jolis bibelots, je fais des folies pour un vieux bronze, pour un lustre ancien. J'adore le Beau.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 359

C'est ennuyeux que la nature ait si mal fait les choses et qu'elle ait mis Saint-Jean de la Haise d'un côté, la Raspelière d'un autre, qu'on soit pour toute la journée emprisonnée dans l'endroit qu'on a choisi.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 365

— Mais nous avons une visite à faire, dis-je. — Quelle visite ? demanda Albertine. — Je vous expliquerai, c'est indispensable. — Hé bien, nous vous attendrons, dit Mme Verdurin résignée à tout.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 373

« […] Mais j'avais demandé du champagne ? » dit-il au maître d'hôtel qui avait cru en apporter en mettant près des deux clients deux coupes remplies de vin mousseux. « Mais, Monsieur. — Otez cette horreur qui n'a aucun rapport avec le plus mauvais champagne. […] »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 376

Oui, continua-t-il en se retournant vers Morel, vous semblez ignorer ce que c'est qu'un titre. Et même dans l'interprétation de ce que vous jouez le mieux, vous semblez ne pas apercevoir le côté mediumnimique de la chose." "Vous dites ?" demanda Morel qui, n'ayant absolument rien compris à ce qu'avait dit le Baron, craignait d'être privé d'une information utile, comme, par exemple, une invitation à déjeuner.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 376

« Jupien est un brave homme, la petite est charmante, il serait affreux de leur causer du chagrin. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 377

« Voyez-vous, dit Morel, désireux d'exalter d'une façon qu'il jugeait moins compromettante pour lui-même (bien qu'elle fût en réalité plus immorale) les sens du baron, mon rêve, ce serait de trouver une jeune fille bien pure, de m'en faire aimer et de lui prendre sa virginité. » M. de Charlus ne put se retenir de pincer tendrement l'oreille de Morel, mais il ajouta naïvement : « À quoi cela te servirait-il ? Si tu prenais son pucelage, tu serais bien obligé de l'épouser. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 377

L'épouser ? des nèfles ! Je le promettais, mais dès la petite opération menée à bien, je la plaquerais le soir même.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 377

"Je n'ai jamais entendu jouer Chopin, dit le Baron, et pourtant j'aurais pu, je prenais des leçons avec Stamati mais il me défendit d'aller entendre chez ma tante Chimay le Maître des Nocturnes." "Quelle bêtise il a faite là", s'écria Morel. "Au contraire, répliqua vivement, d'une voix aiguë, M. de Charlus. Il prouvait son intelligence.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 378

"Demandez au maître d'hôtel s'il a du bon chrétien." " Du bon chrétien, je ne comprends pas." "Vous voyez bien que nous sommes au fruit, c'est une poire.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 379

La question n'est pas comme pour Hamlet d'être ou de ne pas être, mais d'en être ou de ne pas en être. Tu en es, mon oncle Charlus en est. Que veux-tu ? moi je n'ai jamais aimé ça, ce n'est pas de ma faute.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 389

La question n'est pas comme pour Hamlet d'être ou de ne pas être, mais d'en être ou de ne pas en être. Tu en es, mon oncle Charlus en est. Que veux-tu ? moi je n'ai jamais aimé ça, ce n'est pas de ma faute.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 389

[…] il n'offrait rien, mais avec un visage torturé et un regard aussi indestructible qu'un émail cuit, mais dans la composition duquel entrait, avec un désir pantelant de vous voir — à moins qu'il ne trouvât quelqu'un d'autre de plus amusant — la volonté de ne pas laisser voir ce désir, il me disait d'un air détaché : « Vous ne savez pas ce que vous faites ces jours-ci ? Parce que j'irai sans doute près de Balbec. Mais non, cela ne fait rien, je vous le demandais par hasard. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 390

[…] il n'offrait rien, mais avec un visage torturé et un regard aussi indestructible qu'un émail cuit, mais dans la composition duquel entrait, avec un désir pantelant de vous voir — à moins qu'il ne trouvât quelqu'un d'autre de plus amusant — la volonté de ne pas laisser voir ce désir, il me disait d'un air détaché : « Vous ne savez pas ce que vous faites ces jours-ci ? Parce que j'irai sans doute près de Balbec. Mais non, cela ne fait rien, je vous le demandais par hasard. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 390

[…] il n'offrait rien, mais avec un visage torturé et un regard aussi indestructible qu'un émail cuit, mais dans la composition duquel entrait, avec un désir pantelant de vous voir — à moins qu'il ne trouvaâ quelqu'un d'autre de plus amusant — la volonté de ne pas laisser voir ce désir, il me disait d'un air détaché : « Vous ne savez pas ce que vous faites ces jours-ci ? Parce que j'irai sans doute près de Balbec. Mais non, cela ne fait rien, je vous le demandais par hasard. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 390

Depuis j'ai souffert de ne pas lui avoir dit chaque fois où je le pouvais, de venir. Qui sait? Peut-être eussè-je conjuré son mauvais sort, d'autres l'eussent invité pour qui il m'eût immédiatement lâché, de sorte que mes invitations auraient eu le double avantage de lui rendre la joie et de me débarrasser de lui.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 392

Nous étions presque arrivés à mon étage quand le lift me fit redescendre jusqu'en bas parce qu'il trouvait que le bouton fonctionnait mal, et en un clin d'œil il l'arrangea. Je lui dis que je préférais remonter à pied, ce qui voulait dire et cacher que je préférais ne pas prendre la coqueluche. Mais d'un accès de toux cordial et contagieux, le lift me rejeta dans l'ascenseur. « Ça ne risque plus rien, maintenant, j'ai arrangé le bouton. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 393

Et dans le hall [de la gare] le premier président nous disait : « Ah ! vous allez à la Raspelière ! Sapristi, elle a du toupet, Mme Verdurin, de vous faire faire une heure de chemin de fer dans la nuit, pour dîner seulement. Et puis recommencer le trajet à dix heures du soir dans un vent de tous les diables. On voit bien qu'il faut que vous n'ayez rien à faire », ajouta-t-il en se frottant les mains.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 401

Et dans le hall [de la gare] le premier président nous disait : « Ah ! vous allez à la Raspelière ! Sapristi, elle a du toupet, Mme Verdurin, de vous faire faire une heure de chemin de fer dans la nuit, pour dîner seulement. Et puis recommencer le trajet à dix heures du soir dans un vent de tous les diables. On voit bien qu'il faut que vous n'ayez rien à faire », ajouta-t-il en se frottant les mains.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 401

« Vous comprenez, si j'étais seul, garçon… mais à cause de ma femme, je me demande si je peux le [=Charlus] laisser voyager avec nous après ce que vous m'avez dit, chuchota le docteur. — Qu'est-ce que tu dis ? demanda Mme Cottard. Rien, cela ne te regarde pas, ce n'est pas pour les femmes », répondit en clignant de l'œil le docteur [Cottard], avec une majestueuse satisfaction de lui-même […]
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 404

« Vous comprenez, si j'étais seul, garçon… mais à cause de ma femme, je me demande si je peux le [=Charlus] laisser voyager avec nous après ce que vous m'avez dit, chuchota le docteur. — Qu'est-ce que tu dis ? demanda Mme Cottard. Rien, cela ne te regarde pas, ce n'est pas pour les femmes », répondit en clignant de l'œil le docteur [Cottard], avec une majestueuse satisfaction de lui-même […]
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 404

— J'ai été très heureuse d'apprendre que vous aviez définitivement choisi ce pays pour y fixer vos tabern… » Elle allait dire tabernacle, mais ce mot lui sembla hébraïque et désobligeant pour un Juif qui pourrait y voir une allusion. Aussi se reprit-elle pour choisir une autre des expressions qui lui étaient familières, c'est-à-dire une expresion solennelle : « pour y fixer, je voulais dire "vos pénates" […].
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 405

Mme Cottard, au bout d'un instant, prit un sujet qu'elle trouvait plus personnel au baron. « Je ne sais pas si vous êtes de mon avis, monsieur, lui dit-elle au bout d'un instant, mais je suis très large d'idées et selon moi, pourvu qu'on les pratique sincèrement, toutes les religions sont bonnes. […]»
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 405

Si vous avez envie de faire de la musique, ne vous gênez pas, les murs sont comme ceux d'une forteresse, vous n'avez personne à votre étage, et mon mari a un sommeil de plomb.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 409

M. de Charlus eût-il pu imaginer ces mots dits par certaine tendre parente : « Comment veux-tu que Mémé soit amoureux de moi ? tu oublies donc que je suis une femme ! »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 413

Avec la même liberté […] M. de Charlus parlait volontiers de gens qui ont, paraît-il, des mœurs très étranges, et ajoutait même : « Après tout je dis étranges, je ne sais pas pourquoi, car cela n'a rien de si étrange », pour se montrer à soi-même combien il était à l'aise avec son public.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 414

Mais au risque de contrister les âmes en mal de déférence balzacienne, sans prétendre, Dieu me damne ! au rôle de gendarme de lettres et dresser procès-verbal pour fautes de grammaire […]
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 415

- Naturellement, ma femme proteste, ce sont toutes des névrosées. — Mais, mon petit docteur, je ne suis pas névrosée, murmura Mme Cottard. — Comment, elle n'est pas névrosée, quand son fils est malade, elle présente des phénomènes d'insomnie.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 416

Elle se demandait si cela [=sa tenue] allait plaire à M. de Charlus. « Ah ! s'écria celui-ci ravi, voilà un rayon, un prisme de couleur. Je vous fais tous mes compliments. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 417

— Toutes ces questions du jardin de sa cousine, murmura Brichot à Cottard, peuvent, de même que sa généalogie, avoir du prix pour cet excellent baron. Mais quel intérêt cela a-t-il pour nous qui n'avons pas le privilège de nous y promener, ne connaissons pas cette dame et ne possédons pas de titres de noblesse ?
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 419

[…] En tous cas vous avez dû la voir chez Mme de Villeparisis. — La marquise de Villeparisis à qui appartient le château de Baucreux ? demanda Brichot d'un air captivé. — Oui, vous la connaissez ? demanda sèchement M. de Charlus. — Nullement, répondit Brichot, mais notre collègue Norpois passe tous les ans une partie de ses vacances à Baucreux. J'ai eu l'occasion de lui écrire là.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 420

Il était propriétaire de la maison et se montrait, à vrai dire, très difficile sur le choix des locataires qui étaient tous des amis, ou le devenaient.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 421

"Les secrets de la Princesse de Cadignan! s'écria-t-il, quel chef-d'œuvre! comme c'est profond, comme c'est douloureux cette mauvaise réputation de Diane qui craint tant que l'homme qu'elle aime ne l'apprenne. Quelle vérité éternelle, et plus générale que cela n'en a l'air, comme cela va loin!"
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 422

Ainsi, un jour […] où le baron revenait avec Charlie et moi d'un déjeuner chez les Verdurin, croyant passer la fin de l'après-midi et la soirée avec le violoniste [=Morel] à Doncières, l'adieu de celui-ci, dès au sortir du train, qui répondit : « Non, j'ai à faire », causa à M. de Charlus une déception si forte que, bien qu'il eût essayé de faire contre mauvaise fortune bon cœur, je vis des larmes faire fondre le fard de ses cils, tandis qu'il restait hébété devant le train.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 427

Pendant qu'il couvrait feuille après feuille, ses yeux étincelaient d'une rêverie rageuse. Quand il eut écrit huit pages : « Puis-je vous demander un grand service ? me dit-il. Excusez-moi de fermer ce mot. Mais il le faut. Vous allez prendre une voiture, une auto si vous pouvez, pour aller plus vite. Vous trouverez certainement encore Morel dans sa chambre où il est allé se changer. […]
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 427

Pendant qu'il couvrait feuille après feuille, ses yeux étincelaient d'une rêverie rageuse. Quand il eut écrit huit pages : « Puis-je vous demander un grand service ? me dit-il. Excusez-moi de fermer ce mot. Mais il le faut. Vous allez prendre une voiture, une auto si vous pouvez, pour aller plus vite. Vous trouverez certainement encore Morel dans sa chambre où il est allé se changer. […]
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 427

— Je vous apporte un mot de M. de Charlus. — […] Mon vieux, soyez gentil. Je n'ouvre pas la lettre. Vous lui direz que vous ne m'avez pas trouvé. — Ne feriez-vous pas mieux d'ouvrir ? je me figure qu'il y a quelque chose de grave. — Cent fois non, vous ne connaissez pas les mensonges, les ruses infernales de ce vieux forban. C'est un truc pour que j'aille le voir. Hé bien ! je n'irai pas, je veux la paix ce soir. — Mais est-ce qu'il n'y a pas un duel demain ? demandai-je à Morel, que je supposais aussi au courant. — Un duel ? me dit-il d'un air stupéfait. Je ne sais pas un mot de ça. Après tout, je m'en fous, ce vieux dégoûtant peut bien se faire zigouiller si ça lui plaît.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 428

— Je vous apporte un mot de M. de Charlus. — […] Mon vieux, soyez gentil. Je n'ouvre pas la lettre. Vous lui direz que vous ne m'avez pas trouvé. — Ne feriez-vous pas mieux d'ouvrir ? je me figure qu'il y a quelque chose de grave […] est-ce qu'il n'y a pas un duel demain ? demandai-je à Morel, que je supposais aussi au courant. — Un duel ? me dit-il d'un air stupéfait. Je ne sais pas un mot de ça. Après tout, je m'en fous, ce vieux dégoûtant peut bien se faire zigouiller si ça lui plaît. Mais tenez, vous m'intriguez, je vais tout de même voir sa lettre. Vous lui direz que vous l'avez laissée à tout hasard pour le cas où je rentrerais. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 428

— Je vous apporte un mot de M. de Charlus. — […] Mon vieux, soyez gentil. Je n'ouvre pas la lettre. Vous lui direz que vous ne m'avez pas trouvé. — Ne feriez-vous pas mieux d'ouvrir ? je me figure qu'il y a quelque chose de grave […] est-ce qu'il n'y a pas un duel demain ? demandai-je à Morel, que je supposais aussi au courant. — Un duel ? me dit-il d'un air stupéfait. Je ne sais pas un mot de ça. Après tout, je m'en fous, ce vieux dégoûtant peut bien se faire zigouiller si ça lui plaît. Mais tenez, vous m'intriguez, je vais tout de même voir sa lettre. Vous lui direz que vous l'avez laissée à tout hasard pour le cas où je rentrerais. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 428

— Je vous apporte un mot de M. de Charlus. — […] Mon vieux, soyez gentil. Je n'ouvre pas la lettre. Vous lui direz que vous ne m'avez pas trouvé. — Ne feriez-vous pas mieux d'ouvrir ? je me figure qu'il y a quelque chose de grave […] est-ce qu'il n'y a pas un duel demain ? demandai-je à Morel, que je supposais aussi au courant. — Un duel ? me dit-il d'un air stupéfait. Je ne sais pas un mot de ça. Après tout, je m'en fous, ce vieux dégoûtant peut bien se faire zigouiller si ça lui plaît. Mais tenez, vous m'intriguez, je vais tout de même voir sa lettre. Vous lui direz que vous l'avez laissée à tout hasard pour le cas où je rentrerais. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 428

— Je vous apporte un mot de M. de Charlus. — […] Mon vieux, soyez gentil. Je n'ouvre pas la lettre. Vous lui direz que vous ne m'avez pas trouvé. — Ne feriez-vous pas mieux d'ouvrir ? je me figure qu'il y a quelque chose de grave […] est-ce qu'il n'y a pas un duel demain ? demandai-je à Morel, que je supposais aussi au courant. — Un duel ? me dit-il d'un air stupéfait. Je ne sais pas un mot de ça. Après tout, je m'en fous, ce vieux dégoûtant peut bien se faire zigouiller si ça lui plaît. Mais tenez, vous m'intriguez, je vais tout de même voir sa lettre. Vous lui direz que vous l'avez laissée à tout hasard pour le cas où je rentrerais. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 428

— Je vous apporte un mot de M. de Charlus. — […] Mon vieux, soyez gentil. Je n'ouvre pas la lettre. Vous lui direz que vous ne m'avez pas trouvé. — Ne feriez-vous pas mieux d'ouvrir ? je me figure qu'il y a quelque chose de grave […] est-ce qu'il n'y a pas un duel demain ? demandai-je à Morel, que je supposais aussi au courant. — Un duel ? me dit-il d'un air stupéfait. Je ne sais pas un mot de ça. Après tout, je m'en fous, ce vieux dégoûtant peut bien se faire zigouiller si ça lui plaît. Mais tenez, vous m'intriguez, je vais tout de même voir sa lettre. Vous lui direz que vous l'avez laissée à tout hasard pour le cas où je rentrerais. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 428

Si M. de Charlus en jetant sur le papier cette lettre avait paru en proie au démon de l'inspiration qui faisait courir sa plume, dès que Morel eût ouvert le cachet: Atavis et armis, chargé d'un léopard accompagné de deux roses de gueules, il se mit à lire avec une fièvre aussi grande qu'avait eue M. de Charlus en écrivant, et sur ces pages noircies à la diable, ses regards ne couraient pas moins vite que la plume du baron. « Ah ! mon Dieu ! s'écria-t-il, il ne manquait plus que cela ! mais où le trouver ? Dieu sait où il est maintenant. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 429

[…] M. de Charlus était tellement persuadé que le musicien ne viendrait pas, il avait tellement peur de s'être à jamais brouillé avec lui en allant trop loin, qu'il eût peine à retenir un cri en le voyant. Mais se sentant vainqueur, il tint à dicter les conditions de la paix et à en tirer lui-même les avantages qu'il pouvait. "Que venez-vous faire ici, lui dit-il. Et vous? ajouta-t-il en me regardant, je vous avais recommandé surtout de ne pas le ramener.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 430

Mais comment à votre âge êtes-vous assez enfant (et enfant assez mal élevé) pour n'avoir pas deviné tout de suite que votre élection par moi et tous les avantages qui devaient en résulter pour vous allaient exciter des jalousies ?
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 431

- J'espère d'ici sa venue vous faire entendre raison; permettez-moi seulement de rester auprès de vous, lui demanda tendrement Morel. "C'était tout ce que voulait M. de Charlus. Il ne céda pas du premier coup. "Vous auriez tort d'appliquer ici le "qui aime bien châtie bien" du proverbe, car c'est vous que j'aimais bien et j'entends châtier même après notre brouille ceux qui ont lâchement essayé de vous faire du tort.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 432

"Je crois que ce sera bien beau, nous dit-il sincèrement, en psalmodiant chaque terme. Voir Sarah Bernhardt dans l'Aiglon, qu'est-ce que c'est ? du caca. Mounet-Sully dans Œdipe, caca. Tout au plus prend-il une certaine pâleur de transfiguration quand cela se passe dans les Arènes de Nîmes.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 432

Voir Sarah Bernhardt dans l'Aiglon, qu'est-ce que c'est ? du caca. Mounet-Sully dans Œdipe, caca. Tout au plus prend-il une certaine pâleur de transfiguration quand cela se passe dans les Arènes de Nîmes. Mais qu'est-ce que c'est à côté de cette chose inouïe, voir batailler le propre descendant du Connétable ?
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 432

[Charlus va se battre en duel] « Quel spectacle tentant ce serait pour un peintre ! Vous qui connaissez M. Elstir, me dit-il, vous devriez l'amener. » Je répondis qu'il n'était pas sur la côte. M. de Charlus m'insinua qu'on pourrait lui télégraphier. « Oh ! je dis cela pour lui, ajouta-t-il devant mon silence. C'est toujours intéressant pour un maître — à mon avis il en est un — de fixer un exemple de pareille reviviscence ethnique. Et il n'y en a peut-être pas un par siècle. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 433

[Charlus va se battre en duel] « Quel spectacle tentant ce serait pour un peintre ! Vous qui connaissez M. Elstir, me dit-il, vous devriez l'amener. » Je répondis qu'il n'était pas sur la côte. M. de Charlus m'insinua qu'on pourrait lui télégraphier. « Oh ! je dis cela pour lui, ajouta-t-il devant mon silence. C'est toujours intéressant pour un maître — à mon avis il en est un — de fixer un exemple de pareille reviviscence ethnique. Et il n'y en a peut-être pas un par siècle. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 433

Mme Cottard resta donc debout à parler à M. de Charlus et à son mari. […] brusquement le docteur [Cottard] fronça le sourcil, ce que je ne lui avais jamais vu faire, et sans consulter M. de Charlus, en maître : « Voyons, Léontine, ne reste donc pas debout, assieds-toi. — Mais est-ce que je ne vous dérange pas ? » demanda timidement Mme Cottard à M. de Charlus, lequel surpris du ton du docteur n'avait rien répondu. Et sans lui donner cette seconde fois le temps, Cottard reprit avec autorité : « Je t'ai dit de t'asseoir. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 435

Mme Cottard resta donc debout à parler à M. de Charlus et à son mari. […] brusquement le docteur [Cottard] fronça le sourcil, ce que je ne lui avais jamais vu faire, et sans consulter M. de Charlus, en maître : « Voyons, Léontine, ne reste donc pas debout, assieds-toi. — Mais est-ce que je ne vous dérange pas ? » demanda timidement Mme Cottard à M. de Charlus, lequel surpris du ton du docteur n'avait rien répondu. Et sans lui donner cette seconde fois le temps, Cottard reprit avec autorité : « Je t'ai dit de t'asseoir. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 435

[…] quand il désirait passer la soirée de son côté pour donner une leçon, etc., il ne manquait pas d'ajouter à son prétexte ces mots dits avec un sourire d'avidité : « Et puis cela peut me faire gagner quarante francs. Ce n'est pas rien. Permettez-moi d'y aller, car vous voyez, c'est mon intérêt. Dame, je n'ai pas de rentes comme vous, j'ai ma situation à faire, c'est le moment de gagner des sous. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 438

[…] quand il désirait passer la soirée de son côté pour donner une leçon, etc., il ne manquait pas d'ajouter à son prétexte ces mots dits avec un sourire d'avidité : « Et puis cela peut me faire gagner quarante francs. Ce n'est pas rien. Permettez-moi d'y aller, car vous voyez, c'est mon intérêt. Dame, je n'ai pas de rentes comme vous, j'ai ma situation à faire, c'est le moment de gagner des sous. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 438

[…] quand il désirait passer la soirée de son côté pour donner une leçon, etc., il ne manquait pas d'ajouter à son prétexte ces mots dits avec un sourire d'avidité : « Et puis cela peut me faire gagner quarante francs. Ce n'est pas rien. Permettez-moi d'y aller, car vous voyez, c'est mon intérêt. Dame, je n'ai pas de rentes comme vous, j'ai ma situation à faire, c'est le moment de gagner des sous. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 438

Entre nous je ne comprends pas pourquoi au lieu de louer La Raspelière, Mme Verdurin n'est pas venue habiter ici. C'est beaucoup plus sain que de vieilles maisons comme La Raspelière, qui est forcément humide, sans être propre d'ailleurs […] En tous cas chacun ses goûts, moi je vais me fixer ici.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 438

J'ai pour principe que, comme on dit vulgairement, on ne doit pas estamper le client.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 444

J'ai pour principe que, comme on dit vulgairement, on ne doit pas estamper le client.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 444

[…] quand il [M. de Chevregny] allait passer quelques semaines à Paris, il n'y avait pas un seul jour de perdu pour tout ce qu'«il y avait à voir » […] il connaissait les choses de Paris avec ce détail particulier aux gens qui y viennent rarement. Il me conseillait les « nouveautés » à aller voir (« Cela en vaut la peine »), ne les considérant du reste que du point de vue de la bonne soirée qu'elles font passer […]
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 447

La « jeune » marquise me disait dédaigneusement : « Je ne vois pas pourquoi nous ne l'inviterions pas, cette femme ; à la campagne on voit n'importe qui, ça ne tire pas à conséquence. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 448

La « jeune » marquise me disait dédaigneusement : « Je ne vois pas pourquoi nous ne l'inviterions pas, cette femme ; à la campagne on voit n'importe qui, ça ne tire pas à conséquence. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 448

Les relations des Cambremer ne tardèrent pas à être moins parfaites avec Mme Verdurin qu'avec moi, pour différentes raisons.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 448

On lui adjoignit [le docteur] Cottard, parce que M. de Cambremer déclara qu'il avait de l'entrain et « faisait bien » dans un dîner ; puis que cela pourrait être commode d'être en bons termes avec un médecin si on avait jamais quelqu'un de malade.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 449

« Oh ! ces enfants, dit-il, d'une voix aiguë, mièvre et cadencée, il faut tout leur apprendre, ils sont innocents comme l'enfant qui vient de naître, ils ne savent pas reconnaître quand un homme est amoureux d'une femme. À votre âge j'étais plus dessalé que cela », ajouta-t-il, car il aimait employer les expressions du monde apache, peut-être par goût, peut-être pour ne pas avoir l'air, en les évitant, d'avouer qu'il fréquentait ceux dont c'était le vocabulaire courant.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 451

« Voyons, vous n'avez pas remarqué comme il a été troublé quand vous avez parlé d'elle ? […] Oh ! ces enfants, dit-il, d'une voix aiguë, mièvre et cadencée, il faut tout leur apprendre, ils sont innocents comme l'enfant qui vient de naître, ils ne savent pas reconnaître quand un homme est amoureux d'une femme. À votre âge j'étais plus dessalé que cela », ajouta-t-il, car il aimait employer les expressions du monde apache, peut-être par goût, peut-être pour ne pas avoir l'air, en les évitant, d'avouer qu'il fréquentait ceux dont c'était le vocabulaire courant.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 451

- Mais je vous répète qu'il me l'a dit à moi-même qu'il était dreyfusard, dit Mme de Cambremer. C'est du reste très excusable, les Guermantes sont à moitié allemands. — Pour les Guermantes de la rue de Varenne, vous pouvez dire tout à fait, dit Cancan. Mais Saint-Loup, c'est une autre paire de manches; il a beau voir toute une parenté allemande, son père revendiquait avant tout son titre de grand seigneur français, il a repris du service en 1871 et a été tué pendant la guerre de la plus belle façon.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 454

[M. de Cambremer : ] J'ai beau être très à cheval là-dessus, il ne faut pas faire d'exagération ni dans un sens ni dans l'autre. In medio… virtus, ah ! je ne peux pas me rappeler. C'est quelque chose que dit le docteur Cottard. En voilà un qui a toujours le mot. Vous devriez avoir ici un Petit Larousse.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 454

J'ai beau être très à cheval là-dessus, il ne faut pas faire d'exagération ni dans un sens ni dans l'autre. In medio… virtus, ah ! je ne peux pas me rappeler. C'est quelque chose que dit le docteur Cottard. En voilà un qui a toujours le mot. Vous devriez avoir ici un Petit Larousse.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 454

Quant à son mariage avec Mlle de Guermantes-Brassac, est-ce vrai ? — On ne parle que de ça, mais vous êtes bien placé pour le savoir.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 454

Il n'a pas assez de majuscules pour écrire le mot de Cambronne. […] — Il l'écrit avec un grand C, s'écria Mme d'Arpajon. — Plutôt avec un grand M, je pense, ma petite », répondit Mme de Guermantes, non sans avoir échangé avec son mari un regard gai qui voulait dire : « Est-elle assez idiote ! »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 457

— Mon Dieu, que de lieutenants vont essayer de monter [dans le train] ! dit M. de Charlus avec un effroi simulé. Je le dis pour vous, car moi cela ne me gêne pas, puisque je descends.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 459

Alors c'est irrévocable, tu ne veux pas faire ces cent mètres pour dire bonjour à mon père à qui ça ferait tant plaisir ?
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 461

Ayant appris ce qu'il désirait, M. de Charlus feignit de mépriser Bloch. « Quelle horreur !, s'écria-t-il, en rendant à sa voix toute sa vigueur claironnante.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 463

— […] Il [=Bloch] ne lui manquerait plus que de demeurer à Paris, rue du Temple ! » M. de Charlus […] me posait en réalité une question à deux fins, dont la principale était de savoir l'adresse de Bloch. «En effet, fit remarquer Brichot, la rue du Temple s'appelait rue de la Chevalerie-du-Temple. Et à ce propos, me permettez-vous une remarque, baron ? — Quoi ? Qu'est-ce que c'est ? dit sèchement M. de Charlus, que cette observation empêchait d'avoir son renseignement. — Non, rien, répondit Brichot intimidé. C'était à propos de l'étymologie de Balbec qu'on m'avait demandée. […] »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 464

— […] Il [=Bloch] ne lui manquerait plus que de demeurer à Paris, rue du Temple ! » M. de Charlus […] me posait en réalité une question à deux fins, dont la principale était de savoir l'adresse de Bloch. «En effet, fit remarquer Brichot, la rue du Temple s'appelait rue de la Chevalerie-du-Temple. Et à ce propos, me permettez-vous une remarque, baron ? — Quoi ? Qu'est-ce que c'est ? dit sèchement M. de Charlus, que cette observation empêchait d'avoir son renseignement. — Non, rien, répondit Brichot intimidé. C'était à propos de l'étymologie de Balbec qu'on m'avait demandée. […] »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 464

— […] Il [=Bloch] ne lui manquerait plus que de demeurer à Paris, rue du Temple ! » M. de Charlus […] me posait en réalité une question à deux fins, dont la principale était de savoir l'adresse de Bloch. «En effet, fit remarquer Brichot, la rue du Temple s'appelait rue de la Chevalerie-du-Temple. Et à ce propos, me permettez-vous une remarque, baron ? — Quoi ? Qu'est-ce que c'est ? dit sèchement M. de Charlus, que cette observation empêchait d'avoir son renseignement. — Non, rien, répondit Brichot intimidé. C'était à propos de l'étymologie de Balbec qu'on m'avait demandée. […] »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 464

La politique n'est pas de mon ressort et je ne peux pas condamner en bloc, puisque Bloch il y a, une nation qui compte Spinoza parmi ses enfants illustres.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 465

Car d'elle-même Albertine, pour m'éviter toute inquiétude, se plaçait sous un prétexte quelconque, de telle façon qu'elle n'aurait pas, même involontairement, frôlé Robert, presque trop loin pour avoir même à lui tendre la main […]
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 466

Il aurait voulu rester, tout ça c'est de la jalousie, il voudrait me prendre ma place. C'est bien d'un youpin !
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 466

Mais je ne peux pas croire que ce soit bon pour vous d'aller si haut. Je sais que ma sœur ne pourrait pas le supporter. Elle reviendrait dans un état !
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 467

"Hé bien! vous ne me dites pas de jour pour notre prochaine réunion à la Lucullus? Nous n'avons rien à nous dire? permettez-moi de vous rappeler que nous avons laissé en train la question des deux familles de Montgommery. Il faut que nous finissions cela. Je compte sur vous."
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 468

— [Je voudrais] que Mme Verdurin me fasse jouer des choses d'un musicien dont elle connaît très bien les œuvres. Moi aussi j'en connais une, mais il paraît qu'il y en a d'autres et j'aurais besoin de savoir si c'est édité, si cela diffère des premières. — Quel musicien ? — Ma petite chérie, quand je t'aurai dit qu'il s'appelle Vinteuil, en seras-tu beaucoup plus avancée ?
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 472

Au moment où elle remettait son manteau […] elle me dit : « Alors demain, re-Verdurin, vous n'oubliez pas que c'est vous qui venez me prendre. » Je ne pus m'empêcher de répondre assez sèchement : « Oui, à moins que je ne "lâche", car je commence à trouver cette vie vraiment stupide. En tous cas, si nous y allons, pour que mon temps à La Raspelière ne soit pas du temps absolument perdu, il faudra que je pense à demander à Mme Verdurin quelque chose qui pourra […] me donner du plaisir, car j'en ai vraiment bien peu cette année à Balbec. — Ce n'est pas aimable pour moi, mais je ne vous en veux pas, parce que je sens que vous êtes nerveux.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 474

Au moment où elle remettait son manteau […] elle me dit : « Alors demain, re-Verdurin, vous n'oubliez pas que c'est vous qui venez me prendre. » Je ne pus m'empêcher de répondre assez sèchement : « Oui, à moins que je ne "lâche", car je commence à trouver cette vie vraiment stupide. En tous cas, si nous y allons, pour que mon temps à La Raspelière ne soit pas du temps absolument perdu, il faudra que je pense à demander à Mme Verdurin quelque chose qui pourra […] me donner du plaisir, car j'en ai vraiment bien peu cette année à Balbec. — Ce n'est pas aimable pour moi, mais je ne vous en veux pas, parce que je sens que vous êtes nerveux.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 474

Au moment où elle remettait son manteau […] elle me dit : « Alors demain, re-Verdurin, vous n'oubliez pas que c'est vous qui venez me prendre. » Je ne pus m'empêcher de répondre assez sèchement : « Oui, à moins que je ne "lâche", car je commence à trouver cette vie vraiment stupide. En tous cas, si nous y allons, pour que mon temps à La Raspelière ne soit pas du temps absolument perdu, il faudra que je pense à demander à Mme Verdurin quelque chose qui pourra […] me donner du plaisir, car j'en ai vraiment bien peu cette année à Balbec. — Ce n'est pas aimable pour moi, mais je ne vous en veux pas, parce que je sens que vous êtes nerveux.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 474

Elle me faisait si mal en s'éloignant que, la rattrapant, je la tirai désespérément par le bras. « Est-ce qu'il serait matériellement impossible, lui demandai-je, que vous veniez coucher ce soir à Balbec ? — Matériellement, non. Mais je tombe de sommeil. — Vous me rendriez un service immense. — Alors soit, quoique je ne comprenne pas ; pourquoi ne l'avez-vous pas dit plus tôt ? Enfin je reste. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 474

Elle me faisait si mal en s'éloignant que, la rattrapant, je la tirai désespérément par le bras. « Est-ce qu'il serait matériellement impossible, lui demandai-je, que vous veniez coucher ce soir à Balbec ? — Matériellement, non. Mais je tombe de sommeil. — Vous me rendriez un service immense. — Alors soit, quoique je ne comprenne pas ; pourquoi ne l'avez-vous pas dit plus tôt ? Enfin je reste. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 474

Elle me faisait si mal en s'éloignant que, la rattrapant, je la tirai désespérément par le bras. « Est-ce qu'il serait matériellement impossible, lui demandai-je, que vous veniez coucher ce soir à Balbec ? — Matériellement, non. Mais je tombe de sommeil. — Vous me rendriez un service immense. — Alors soit, quoique je ne comprenne pas ; pourquoi ne l'avez-vous pas dit plus tôt ? Enfin je reste. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 474

[…] Si j'avais dû mourir, j'aurais aimé vous dire adieu. » Et je donnai libre cours aux larmes que ma fiction rendait naturelles. « Mon pauvre petit, si j'avais su, j'aurais passé la nuit auprès de vous », s'écria Albertine.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 475

« Albertine », lui dis-je très bas et en lui recommandant de ne pas élever la voix pour ne pas éveiller ma mère […], « je suis honteux de vous déranger. Voici. Pour que vous compreniez, il faut que je vous dise une chose que vous ne savez pas. Quand je suis venu ici, j'ai quitté une femme que j'ai dû épouser, qui était prête à tout abandonner pour moi. […] »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 475

— […] D'ailleurs quel besoin avez-vous de rentrer si vite à Paris, puisque cette dame est partie [de Paris] ? — Parce que je serai plus calme dans un endroit où je l'ai connue, plutôt qu'à Balbec qu'elle n'a jamais vu et que j'ai pris en horreur. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 479

— […] À Paris on saura bien que je ne suis pas votre cousine. — Hé bien ! nous dirons que nous sommes un peu fiancés. Qu'est-ce que cela fait, puisque vous savez que cela n'est pas vrai ? »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 480

— […] je n'aurais pas voulu faire vivre une jeune femme auprès de quelqu'un de si souffrant et de si ennuyeux [que moi]. — Mais vous êtes fou, tout le monde voudrai vivre auprès de vous, regardez comme tout le monde vous recherche.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 480

« Vous voyez, j'ai failli l'épouser. Mais je n'ai pas osé le faire pourtant, je n'aurais pas voulu faire vivre une jeune femme auprès de quelqu'un de si souffrant et de si ennuyeux. — Mais vous êtes fou, tout le monde voudrait vivre auprès de vous, regardez comme tout le monde vous recherche […]»
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 480

Elle n'était pas rentrée la veille au soir, il pouvait y avoir des lettres pour elle, de plus sa tante pouvait être inquiète. J'avais répondu: "Si ce n'est que pour cela, on peut envoyer le lift dire à votre tante que vous êtes ici et chercher vos lettres." Et désireuse de se montrer gentille mais contrariée d'être asservie, elle avait plissé le front puis, tout de suite, très gentiment, dit: "C'est cela" et elle avait envoyé le lift.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 481

« Je suis venue, me dit ma mère, parce qu'en dormant il me semblait entendre quelqu'un qui pleurait. Cela m'a réveillée. Mais comment se fait-il que tu ne sois pas couché ? Et tu as les yeux pleins de larmes. Qu'y a-t-il ? »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 485

« Je suis venue, me dit ma mère, parce qu'en dormant il me semblait entendre quelqu'un qui pleurait. Cela m'a révéillée. Mais comment se fait-il que tu ne sois pas couché ? Et tu as les yeux pleins de larmes. Qu'y a-t-il ? »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 485

« Maman, voilà, j'ai peur que tu me croies bien changeant. Mais d'abord, hier, je ne t'ai pas parlé très gentiment d'Albertine ; ce que je t'ai dit était injuste. — Mais qu'est-ce que ça peut faire ? »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 485

« Mais voyons, me dit ma mère, tu ne m'as dit aucun mal d'elle [=Albertine], tu m'as dit qu'elle t'ennuyait un peu, que tu étais content d'avoir renoncé à l'idée de l'épouser. Ce n'est pas une raison pour pleurer comme cela. Pense que ta maman part aujourd'hui et va être désolée de laisser son grand loup dans cet état-là. D'autant plus, pauvre petit, que je n'ai guère le temps de te consoler. Car mes affaires ont beau être prêtes, on n'a pas trop de temps un jour de départ. — Ce n'est pas cela. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 486

« Mais voyons, me dit ma mère, tu ne m'as dit aucun mal d'elle [=Albertine], tu m'as dit qu'elle t'ennuyait un peu, que tu étais content d'avoir renoncé à l'idée de l'épouser. Ce n'est pas une raison pour pleurer comme cela. Pense que ta maman part aujourd'hui et va être désolée de laisser son grand loup dans cet état-là. D'autant plus, pauvre petit, que je n'ai guère le temps de te consoler. Car mes affaires ont beau être prêtes, on n'a pas trop de temps un jour de départ. — Ce n'est pas cela. »
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 486

- Mais il n'était pas si jeune, dit Brichot; du temps où Elstir et Swann allaient chez Mme Verdurin, Dechambre était déjà une notoriété parisienne, et, chose admirable, sans avoir reçu à l'étranger le baptême du succès. Ah! il n'était pas un adepte de l'Évangile selon saint Barnum, celui là. — Vous confondez, il ne pouvait aller chez Mme Verdurin, à ce moment là, il était encore en nourrice.
M. Proust, ALRDTP 4, Sodome, p. 75


Index des énoncés usuels dans Proust ALRDTP
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